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La prochaine rencontre du club Rouletabille aura lieu le vendredi 29 juin, à la Ludo-bibliothèque Emile-Bayard à partir de 20h30, pour un petit apéro de fin d'année.

vendredi 23 janvier 2015

Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

Un corps en flammes est retrouvé pendu au balcon d'un des monuments les plus emblématiques de Barcelone, La Pedrera, d'Antonio Gaudi. Bien mauvaise publicité pour la ville à quelques semaines de la consécration par le pape de la Sagrada Familia. Les services policiers sont aux abois et réintègrent l'électron libre Milo Malart, révoqué par mesure disciplinaire. Tandis qu'il enquête en binôme avec une jeune sous-inspectrice, qui semble tout droit sortie d'une série américaine à succès, les meurtres s'enchaînent selon un rituel immuable : toujours des membres de l'oligarchie barcelonaise, férocement mutilés au sein des édifices du célèbre architecte qui fit la gloire de la ville. Barcelone a vendu son âme au diable ; elle doit payer le prix de sa magnificence. La chasse à l'homme est ouverte, mais qui cherche-t-on ? Un prédateur sadique assoiffé de vengeance ou la victime d'un système politique arrogant et corrompu, qui sacrifie les plus fragiles au faste tapageur de la ville et à sa manne   touristique ? 
Pour répondre, il faut d'abord décrypter le symbolisme ésotérique des œuvres de Gaudi, aux formes proprement hallucinantes. Dans une intrigue magistralement tenue jusqu'à la dernière page, orchestrant pressions politiques, énigmes maçonniques, mœurs dissolues et presse à sensation, Le Bourreau de Gaudi plante l'envers du décor d'une cité unanimement saluée pour sa beauté et sa prouesse architecturale. Une "Ville des prodiges" terriblement moderne et effroyablement archaïque.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Brigitte M.) : 

Personnage principale attachant, Barcelone ville ancienne et ville nouvelle avec ses scandales politico-financiers, une intrigue qui nous tient jusqu'au bout et bien sûr l'oeuvre de Gaudi. Bref, j'ai beaucoup aimé !

Note : 16/20

Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :


Un pavé de 700 pages ! Dur me direz-vous. Et bien non ; je l’ai lu en un peu plus d’une semaine.
Ca se lit tout seul, si ce n’est peut-être l’encombrement du livre, et nettement mieux qu’un roman de hall de gare de 300 pages. De plus, le nombre de personnages n’est pas proportionnel au nombre de pages ; on s’y retrouve sans problème.
Dans ce polar, tout tourne autour de l’œuvre de Gaudi, c’est normal, c’est dans le titre.
Gaudi et Barcelone ne font qu’un. Barcelone vit Gaudi et vit grâce à Gaudi. Une ville saluée pour sa beauté et ses prouesses architecturales. Mais à quel prix : la face obscure de cette cité qui s’est construite dans la douleur des expropriations de nombreux habitants sacrifiés sur l’autel du tourisme. Une intrigue tenue jusqu’à la dernière page et qui n’est pas bâclée comme dans tant de polars. 
Tout y est. Pressions politiques, le culte de l’argent et du pouvoir par une minorité, les mœurs dissolues, la presse à sensation, les planques interminables, le soleil qui rend la ville irrespirable (on est au début de l’été) … et bien sûr un inspecteur blessé par la vie (on apprend tout dans les premières pages).
Un corps enflammé pendu au balcon d’un monument de Gaudi à quelques semaines de la visite du pape venu consacrer la Sagrada Familia. Ca fait désordre. Quel rapport Gaudi avait-il avec le symbolisme maçonnique ?
L’ensemble est d’une précision extrême et il est conseillé d’avoir une carte de Barcelone pour se repérer dans les différents quartiers et rues et se plonger vraiment dans cette enquête palpitante.
On peut aussi visualiser les monuments décrits pour se rendre compte de l’importance de l’œuvre de Gaudi ; de vrais bijoux qui attirent des millions de touristes chaque année.
Pour finir, tout n’est pas rose car cette description de la ville qui relève du guide touristique, les longueurs sur la psychologie et les réflexions des personnages, les méandres de la franc-maçonnerie, le génie de cet architecte moderniste qu’était Gaudi,  peuvent rebuter certains lecteurs. C’est un polar didactique. On peut ne pas aimer ; moi, j’ai aimé.

Note : 17/20

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