Annonce

La prochaine rencontre du club Rouletabille aura lieu le vendredi 29 juin, à la Ludo-bibliothèque Emile-Bayard à partir de 20h30, pour un petit apéro de fin d'année.

vendredi 31 août 2018

Le prisonnier d'Omar Shahid Hamid

Un soir de décembre, un journaliste américain est enlevé à Karachi. Ses geôliers ont l'intention de filmer son exécution puis de diffuser la vidéo le soir de Noël. 
Allié des États-Unis, le gouvernement pakistanais est en mauvaise posture. La course contre la montre est lancée. Seuls deux hommes peuvent la remporter : le commissaire D'Souza, chrétien placardisé devenu directeur de prison, et son acolyte d'autrefois, Akbar, un ancien policier détenu à la suite d'une affaire qui a mal tourné. Au cœur d'une société encrassée par la corruption, entre djihadistes et dignitaires véreux, prostituées au grand cœur et politiciens assoiffés de sang, le duo de choc reforme équipe. Et tente de venger les injustices du passé.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel E.) :


En route pour le Pakistan et la ville de Karachi !.
Si la police est une institution, ici elle est corrompue. Karachi, est l'une de ces villes gangrénée par la criminalité. Cette mégapole parmi les plus peuplées de la planète (plus de 20 millions d'habitants).
Ancien policier d'élite avant de prendre en charge la cellule antiterroriste, l’auteur sait de quoi il parle !
Les deux personnages principaux de ce roman (Constantine, policier chrétien devenu directeur de prison et son prisonnier Akbar, ex-policier lui aussi et ami de Constantine) n’ont, malgré leurs différentes affectations, pratiquement jamais coupé les ponts et se soutiennent mutuellement.
L’histoire débute par l'enlèvement d’un américain qu’une organisation terroriste menace de tuer le jour de Noël. Constantine doit aider Tarkeen, directeur d’une des deux agences de renseignements du Pakistan, haut gradé pour qui il a travaillé par le passé… et cette aide concerne l'interrogatoire d’Akbar !
Constantine et Akbar reprennent du service et sont les seuls à pouvoir tenter de sauver l’américain avant sa décapitation.
L’auteur revient sur le passé des deux policiers et leurs méthodes différentes et il se penche plutôt sur le travail des forces de police, les luttes intestines et l’instabilité politique. La violence est très présente.
Les pots de vin, les coups bas, la corruption, les rackets, les meurtres régissent cette lutte sanglante à tous les étages (les politiques pour le pouvoir, la majorité pour vivre décemment, les plus humbles juste pour survivre). A tous les coins de rue, tout s'achète : la moindre promotion, un changement d’affectation. Les forces de l'ordre ne songent qu'à améliorer leur ordinaire en se remplissant les poches, prélevant leur pourcentage de silence et de quiétude chez les dealers de drogue, les prostituées, les voleurs…
A Karachi, les partis politiques ont leur service d'ordre armés de Kalatchnikovs, assassinant, recrutant et régnant par la terreur.
L'auteur va à l'essentiel. Les mots sont très imagés, le lecteur sent très bien l'atmosphère des différents lieux cités, le langage est assez cru.
L'auteur a réussi un coup de maître et ce roman exerce une sombre fascination ; on y voyage par contumace. Et cette immersion ne donne évidemment pas du tout envie d'y aller.
Ce livre reste captivant par son exotisme, et pour comprendre la philosophie des habitants et les mentalités d'une ville où une vie ne vaut pas grand chose.

Note : 16/20

Une heure de ténèbres de Michèle Rowe

Nuit noire sur le Cap. Le monde entier se mobilise contre le réchauffement climatique en éteignant les lumières pendant une heure. A la faveur de l'obscurité, une vague de violence déferle aux abords de la ville. 
Une mère et son bébé sont portés disparus. Prise d'otages ? Règlement de comptes ? Banale délinquance ? Chargée de l'enquête, Persy Jonas, inspectrice native des townships, fait alliance avec Marge Labuschagne, psychologue et ex-profileuse issue des quartiers blancs sécurisés, dont tout, pourtant, la sépare. 
Ensemble, elles vont devoir élucider une affaire aux ramifications beaucoup plus complexes qu'il n'y paraît. Terres confisquées par les Afrikaaners, promoteurs véreux, gangs criminels et politiciens corrompus...


Avis d'un membre du club Rouletabille (Simone H.) :

C'est un roman qui vous tient en haleine jusqu'à la fin.

Note : 14/20

Note (Régine N.) : 13/20

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giebel

Maman disait de moi que j'étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais...

Je connais l'enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j'avais quelqu'un à qui parler...

Tama est une esclave. Elle n'a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin...

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu'au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l'écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D'où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Mélanie J.) :

Un très bon moment. Lecture difficile à lâcher, on a toujours envie de connaitre la suite. 
Les différents personnages, leurs histoires entremêlées et liées. 
Un plaisir, des émotions fortes. Abscence du côté glauque. Beaucoup de recherche du ressentis.
Une découverte pour moi de cette auteure, hâte de lire plus de ses oeuvres.

Note : 17/20

Note (Brigitte M.) : 16/20

Les assassins de la route du nord d'Anila Wilms

Au printemps 1924, deux Américains sont assassinés sur une petite route de montagne dans le nord de l'Albanie. Contraire au Kanun, le code ancestral des montagnes, qui place l'hospitalité au plus haut rang des vertus, le crime, qui a touché le fils d'un sénateur américain, plonge le petit État dans une crise diplomatique qui risque de dégénérer en guerre civile. Mais que fabriquaient ces Américains sur la route du Nord ? Leur présence était-elle liée aux rumeurs selon lesquelles la région renfermerait d'abondantes ressources pétrolières ? Et qui a bien pu vouloir leur mort ? 

Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel E.) :

Le Kanun -  loi ancestrale des montagnes albanaises – est là pour tout codifier : "la route a des mesures précises : une hampe et demie ; on ne refuse pas l’hospitalité a un étranger qui est considéré comme un hôte sacré, tout affront doit être lavé par le sang… »
Le roman se poursuit comme un polar. Une voiture tombe dans une embuscade. Des bergers trouvent ses occupants morts. Les victimes sont deux Américains et le meurtre a très vite des retentissements diplomatiques.
On imagine que l'enquête cherchera les coupables, les motifs.
Sauf qu’il n’y a pas  d’enquêtes ! Dans la mesure où il n’y a pas de témoins, pas de motif, ni d’ailleurs même d’enquêteur…
L'histoire se poursuit à Tirana, modeste bourgade devenue capitale d'un état Albanais encore balbutiant.... or ce qui est arrivé est donc aux antipodes de l'esprit du Kanun.
Journalistes, diplomates, habitués des cafés se passionnent pour ce qui est devenu une affaire d'Etat.
Le roman policier cède le pas à un roman historique se déroulant pendant une période difficile de la jeune démocratie albanaise puisque que le premier ministre a été victime d’un attentat en 1924. Différentes factions se disputent le pouvoir :  le Premier ministre, Fuad Herri, s'appuie sur les montagnards et la tradition, l'évêque Dorothéus revient d'émigration en Amérique et veut moderniser les moeurs politiques, les beys, enfin, ne veulent pas céder le pouvoir qu'ils détiennent depuis l'Empire Ottoman.
Les puissances étrangères ne restent pas inactives : Américains et Britanniques convoitent le pétrole albanais. Serbes, Monténégrins et Grecs, verraient d'un bon oeil des rectifications de frontière à leur profit. Mussolini étendrait volontiers sa sphère d'influence à l'Albanie. Après des siècles de domination de l’empire ottoman,  les règles de la démocratie occidentales fonctionnent très imparfaitement, d'autant plus que la corruption est de rigueur. Les bakchichs sont monnaies courantes
"rafle tout ce que tu peux aujourd'hui, demain est dans les mains d'Allah". 
Le récit de la crise politique est cependant loin d'être ennuyeux.
L'énigme finit même par être résolue !

Les adeptes de polar resteront évidemment sur leur faim …

Note : 12/20

jeudi 30 août 2018

C'est la rentrée

Bonjour à tous et à toutes,

c'est la rentrée pour tout le monde et pour le club Rouletabille aussi.
La prochaine rencontre aura lieu le samedi 13 octobre à partir de 19h à la Ludo Emile-Bayard de Viry-Chatillon.
Nous recevrons l'auteur Pierre CARANTON qui a sortie son premier roman "Vous êtes arrivé. Faites demi-tour dès que possible", a qui vous pourrez poser vos questions.

Comme à chaque rentrée nous aurons aussi un nouvel office.
Les dates des rencontres de l'année :

30 novembre
11 janvier avec un nouvel office
15 fevrier
5 avril avec un nouvel office
16 juin pour la dernière de l'année.

A la prochaine.

mercredi 14 mars 2018

On ne meurt pas la bouche pleine d'Odile Bouhier et Thierry Marrx

Alors qu'à Tokyo deux cadavres d'hommes empoisonnés par une substance indécelable embarrassent la police japonaise, en France un commandant de la brigade criminelle est chargé d'élucider la mort d'un riche Japonais lui aussi empoisonné par un produit inconnu. 
Des deux côtés de la planète, des assassinats qui, a priori, n'ont rien à voir, sauf que... Le commandant Simmeo, passionné d'art, découvre qu'ils sont liés par les yakuzas. Voilà la Crim' du 36, quai des Orfèvres obligée de travailler avec son homologue japonaise, aux méthodes bien différentes, pour coincer un coupable qui utilise la cuisine moléculaire pour parvenir à ses fins... Entre Paris et Tokyo, une sidérante plongée dans les eaux troubles de la gastronomie, de la science et du crime.



Avis d'un membre du club Rouletabile (Laurence G.) :

Plongée dans l'univers complexe des yakuza. 
L'intrigue manque de suspense... on voit venir dès le début.
Divertissant sans plus. 

12/20

Le secret des orphelins de Elly Griffiths

Un squelette d'enfant décapité est retrouvé sous la porte d'une vieille bâtisse victorienne à Norwich. S'agit-il d'un sacrifice datant de la période romaine ou de la dépouille d'un petit pensionnaire échappé de l'orphelinat qui occupait les lieux dans les années 1970 ? Experte en datation, l'archéologue Ruth Galloway rejoint l'équipe de l'inspecteur Harry Nelson, partenaire d'investigation – et parfois plus dans l'intimité. Tandis que Ruth remonte la piste du drame et croise le chemin de prêtres retraités, magnats de l'immobilier et druides chevelus, quelqu'un semble décidé à littéralement la faire mourir de peur…
Retour de l'universitaire la plus attachante du venteux Norfolk, intello nourrie aux chips, célibataire attendant un heureux événement, dans un thriller atmosphérique et mystique à déguster impérativement avec une cup of tea !

Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel E.) :


Une macabre découverte a lieu un beau matin de printemps dans le Norfolk. Un squelette d'enfant décapité a été mis au jour sur le site d'un ancien orphelinat et futur emplacement d'une résidence de luxe construite par un riche promoteur.
L'inspecteur Harry Nelson, connu pour son caractère de cochon, fait une nouvelle fois appel à un professeure d'ethno-archéologie, spécialiste de l'âge de fer et éminente ostéologue ( qui a dit on avait affaire à un sosie de Temperance Brennan ?), intello nourrie à base de hamberger / chips…
Le site sur lequel le squelette a été découvert a des fondations qui remontent à l'époque romaine, et l'enfant, au vu de la taille du squelette, pourrait avoir été sacrifié au dieu Janus, dieu des portes et des changements.
En attendant les résultats de l'autopsie et de la datation au C 14, Nelson fait son enquête auprès du personnel de l'orphelinat fermé depuis près de trois décennies. le père Patrick Hennessy lui apprend que deux de ses pensionnaires se sont enfuis à la fin des années 60…
Les personnages du livre sont attachants, Ruth évidemment, ainsi que l’inspecteur, mais aussi le druide Cathbad, qui apporte au récit parfois sombre un brin ésotérisme et une dose d'humour british.
L'histoire est tortueuse, le suspense est présent qui nous donne quelques retournements de situation.
Au final, j'ai apprécié cette enquête mêlant intrigue policière et archéologie dont le duo (la solitaire Ruth et le bougon Harry) se complète à merveille.
L'archéologie est en effet très présente et on découvre les pratiques funéraires de l'empire romain et certains dieux peu connus ( et pas à côtoyer ...).
Une enquête classique mais efficace et un roman qui se laisse lire.


15/20