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mardi 10 mai 2022

L'héritage du clan de Marc Laine

 


Lorsqu'il est envoyé à Creil pour enquêter sur le meurtre violent d'un adolescent, Mickael Servan se retrouve en territoire connu. Capitaine au sein de la police judiciaire de Lille, il a travaillé pendant des années dans les quartiers difficiles de Creil, et cette nouvelle affaire fait réapparaître de terribles souvenirs. Accompagné de sa partenaire Natsumi et d'Océane, une jeune enquêtrice, ils vont tenter d'élucider ce crime atroce. L'assassin a tracé sur le mur une marque mystérieuse avec le sang de la victime. Mais très vite, les meurtres s'enchaînent, toujours accompagnés de cette marque sanglante. 

Réussiront-ils à déjouer les plans de ce tueur machiavélique avant qu'il ne soit trop tard ?

 

Avis d'un membre du club Rouletabille (Simone H.) :

Une équipe d'enquêteurs efficaces dasn un quartier "difficile" de Creil. Des morts barbares. 

On découvre l'escrime médiévale.

 Note : 15/20

mercredi 22 septembre 2021

BLACKWOOD de Michael Farris Smith

 

Le titre fait référence à une plante grimpante particulièrement invasive, le kudzu, sorte de vigne à croissance rapide qui envahi tout, étouffe les plantes et recouvre le paysage de ses lianes (comme sur la couverture). À la fois personnage à part entière de ce roman très sombre, mais aussi métaphore de la culpabilité qui ronge les personnages hantés par le passé.

Tout d’abord Colburn qui revient sur les traces de son enfance à Red Bluff dans l’état du Mississippi, ville qui se meurt envahi petit à petit par le kudzu. En même temps que lui arrive une famille de marginaux, vagabonds sans nom, qui s’installe en périphérie de la ville dans la forêt de kudzu. Leur arrivée va bouleverser la fausse tranquillité de Red Bluff et faire ressurgir les fantômes du passé.

Dans cette atmosphère inquiétante et étouffante, des enfants disparaissent dans cette forêt qui avale tout. Puis c’est au tour de Célia avec laquelle Colburn a entamé une relation...

Avis d'un membre du club Rouletabille (Valérie L.) : 

Michael Farris Smith nous livre avec Balckwood un roman noir oppressant à la limite du fantastique qui agrippe et retient le lecteur.

Une curiosité à découvrir !


vendredi 24 mai 2019

Écorce vive d'Alexandre Lenot

Au fin fond du Cantal, un homme venu de loin incendie la ferme dans laquelle il espérait voir un jour jouer ses enfants. Il rôde dans les bois et les gens du coin passent de la circonspection à la franche hostilité, sauf une jeune femme nouvellement arrivée qui le recueille. Mais personne n'est le bienvenu s'il n'est pas né ici.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Maryse W.) :

Un premier roman.
Ce n’est pas un polar mais un roman noir avec une étude de société. L’histoire se passe dans le Massif central avec son lot de pauvreté, de misère. Les agriculteurs sont désabusés, agressifs prêts à en découdre à tout moment. Ecriture agréable voire poétique.

Note : 12/20

jeudi 23 mars 2017

Démons de Marc Laine

Maxime, 31 ans, est un jeune lieutenant exerçant ses sombres talents au sein de la police judiciaire avignonnaise. D'ordinaire, aucun malfaiteur n'échappe à son instinct de chasseur, mais cette fois-ci, il va être confronté à la pire des machines à tuer. Sa nouvelle équipière saura-t-elle le guider ? Parviendra-t-elle à le libérer de la noirceur de son passé si torturé ? La quête de Maxime le conduira inexorablement au plus profond des ténèbres qu'il combat.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :

Polar coup de cœur (frissons assurés !!!), même si le mal est présent dans chaque nouvelle page.
Un jeune lieutenant bien écorché de la vie, mène une enquête sombre comme un puits sans fin.
Tout est bien ficelé, de l'origine du mal qui ronge Maxime, l'enquêteur, au dénouement de l'enquête qui n'est pas bâclé.

Note : 16/20


mercredi 23 novembre 2016

L'échange d'Eugenia Almeida

A la sortie d'un bar, une jeune femme menace un inconnu puis retourne son revolver contre elle-même et se suicide, ça ne regarde pas la police, "Tout au plus un épisode confus. Sans danger pour les tiers". Mais Guyot, le journaliste, s'obstine. Il veut comprendre. Il consulte des archives. Il lit les cahiers de la victime. Il cherche. Il ne voit pas les signaux d'alarme. Parfois, il vaut mieux laisser tomber. 
L'importance du passé est surestimée. Si les gens restaient tranquilles, tout irait mieux. Les voix se multiplient. Beaucoup de coups de fil. Entre les mots, du silence. Des menaces avérées. Des crimes. L'atmosphère est opaque, l'air raréfié. La mécanique de la violence est encore bien huilée ; les anciens maîtres du pouvoir policier des années 80 ont du mal à prendre leur retraite et veulent aussi parler de leurs sentiments. 


Avis d'un membre du club Rouletabille (Laurence F.) :

Difficile à lire par son style d'écriture particulièrement haché. Phrase de deux mots, sans verbe, manque de fluidité dans les conversations très directes. Compliqué de suivre sans se fatiguer, dommage, l'intrigue était surement intéressante, dans le milieu journalistique et policier. 
Le lieu est relativement neutre, pas de lien direct avec l'Argentine.

Note : 9/20 

jeudi 31 mars 2016

Personne ne saura de Brigitte Gauthier

La drogue du viol est un thème à la mode, un sujet de société. Sauf quand le pantin qui tend ses seins et agite son cul, c'est vous, et que soudain, aveugle dans la nuit, vous êtes livrée à bien plus dangereux que des hommes, à votre imagination sans limites. Ils vous droguent. Ils vous violent. Personne ne le saura. Pas même vous d'ailleurs. Aucune preuve. Rien. Presque rien. Mais la vie ne sera plus jamais comme avant. Dans la nuit du Carmin, le club échangiste où l'a emmenée son ami Jules, Anna meurt. Trois heures de l'autre côté des miroirs. En s'éveillant de son coma, elle a tout perdu. Sa mémoire. Amar. L'homme qu'elle aime. L'obscurité demeure mais elle devra mener une enquête pour survivre à ce qu'il y a de pire. Pas ce que l'on vous a fait, ce que l'on vous a peut-être fait.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Laurence G.) :

Livre noir par excellence voire très glauque : Anna se réveille à l'hôpital suite à un coma après une nuit de débauche involontaire , d'amnésie , de scènes violentes...
Adepte d'une sexualité débridée , elle n'hésite pas à suivre son ami Jules dans un club libertin après un concert. Quel reste-il de cette nuit ?  Une grande confusion.
Elle est persuadée d'avoir été droguée, violée mais personne ne la croit vraiment ....

On plonge dans un univers très spécial : le monde de la nuit des clubs libertins
On plonge dans le cerveau de cette femme où tout est flou ; Son ami Jules , est-il vraiment son ami ? la police , les médecins sont-ils a ses côtés face à des notables provinciaux ? Une femme libérée peut elle prétendre avoir été violée ?
Un vrai jeu de pouvoir

Un excellent  livre noir, une belle impression de malaise.
Des phrases courtes, un style parfois décousu renforçant le sentiment de confusion.

14/20

mardi 23 février 2016

Torpedo Juice de Tim Dorsey

Suite des aventures de Serge et Coleman, héros de Tim Dorsey. Le « Torpedo Juice », c'est un cocktail énergisant mais traître dont Coleman, le partenaire de Serge, est friand. Toujours aussi immature et porté sur les substances chimiques et alcoolisées, Coleman décide d'aller vivre dans les « Keys », ces îlots au large de la Floride. Là, commence une série de péripéties débridées ; le mariage programmé de son compère Serge et la recherche de la fiancée donnent lieu à des complications monumentales dont Tim Dorsey a le secret. 

Avis d'un membre du club Rouletabille (Maryse W.) :

Le personnage principal, Serge Storms, évolue avec son acolyte alcoolique et pas fini !!
Il a décidé de se marier dans les Keys en Floride. Plein de personnages se croisent et se retrouvent au No Name Pub, tous plus douteux les uns que les autres.
Ambiance déjantée, parfois amusante et très loufoque.

Note : 12/20

jeudi 11 février 2016

Les os de la vérité de Roger Alan Skipper

Toute sa vie, Tuesday Price s'est battu. Contre la culpabilité, puis contre l'alcoolisme. Sa femme Linda était avec lui, sur cette route de montagne sinueuse, la nuit où le corps de son meilleur ami Matt a été retrouvé écrasé. Ivre, Price s'était battu avec lui un peu plus tôt dans la soirée, mais aucune preuve concrète n'a permis alors de le faire condamner. Pour autant, les accusations allèrent bon train et son père, pasteur, dut bientôt quitter sa chaire. 
Peu après, il mit fin à ses jours. Quand Linda le quitte, sa vie se réduit au bar paumé où il retrouve ses compagnons de beuverie, à sa caravane dans les Appalaches et à ses séances quotidiennes de jogging. C'est lors d'une de ces courses dans la forêt qu'il rencontre Lilo, un vieil homme qui passe ses journées assis en silence dans une épave, devant sa caravane. Après la mort de Lilo, Tuesday trouve un chien enchaîné derrière la caravane, qui réveille en lui le souvenir d'un autre chien abandonné à sa chaîne, le sien, après que sa mère dépressive avait disparu, un acte de cruauté gratuite qu'il n'a jamais pu lui pardonner. 
Les spectres de Lilo et du chien mort hantent Price tandis qu'il essaie d'arrêter la boisson : Linda attend un enfant, peut-être de lui. Il trouve un boulot stable et s'avère un employé modèle, à la surprise de tous. Mais Price a eu beau courir toute sa vie, ses erreurs ont toujours fini par le rattraper, et bientôt il se retrouve de nouveau seul, sans emploi, et sous l'emprise de l'alcool. Poursuivi par son passé, il quitte le peu qu'il a et entreprend de retaper la maison de son enfance, abandonnée depuis des années. 


Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :

Je n'ai pas accroché du tout. Aucun plaisir à lire.
Que ce soit au niveau du style, de la traduction peut-être et du vocabulaire.
C'est mauvais. J'ai laissé tomber l'affaire avant la page 50... C'est tout dire.
Je suis tombé sur ce passage :
"Si Roger Alan Skipper n'obtient ni récompense ni louange pour ce roman, je crois qu'il ne reste plus, à tous les écrivains que nous sommes, qu'à plier bagages." (Donald Ray Pollock auteur de Le Diable, tout le temps)
J'ai cherché sur internet : pas de louanges; pas de critiques élogieuses...
Je persiste à dire que je n'aime pas du tout.

Note : 3/20 (mais ça n'engage que moi)

Le dernier message d'Eva de Pierrick Gazaignes

Angel, la cinquantaine, est gardien de la paix. Entouré de son équipe - Bro l'incurable solitaire buveur de vodka, H qui parvient bon gré mal gré à avoir une vie de famille, la jolie Joana pas encore usée par le métier -, il se remet lentement du décès de sa femme. Un soir, lors d'une opération, il découvre le corps d'une jeune fille dans les caves d'une cité : elle a été frappée, torturée. Obsédé par cette image, lorsqu'il apprend que le décès est contre toute attente attribué à une overdose, il décide de mener l'enquête en souterrain. 
Aidé discrètement de certains collègues, il lève peu à peu le voile sur une affaire aux multiples ramifications. Bien loin des stéréotypes, l'auteur mène son intrigue avec talent et livre par bribes les pièces du puzzle jusqu'au dénouement final. Flics désabusés, ripoux aux méthodes de voyous, petites frappes qui jouent les maquereaux, notables locaux intouchables, les rouages sont nombreux et remontent très haut, trop haut. 


Avis d'un membre du club Rouletabille (Simone H.) :

Livre au récit rythmé. 
Rappelle des "affaires"... impliquant de "hauts personnages" et une construction qui protège les plus forts.
Révélation : 
Le policier finit par démissionner (Les plus forts restent intouchés).

Note : 14/20


Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :

Polar français. C’est son deuxième roman. Agréable à lire et écriture sans prétention. 
Un gardien de la paix, la cinquantaine entouré de ses collègues tous buveurs de jus de fruits (je plaisante…) se retrouve à mener un enquête discrète à propos d’une affaire aux multiples ramifications. Point de départ : un cadavre retrouvé dans les caves d’une cité lors d’une opération musclée. 
L’auteur dresse ici toute une galerie de personnages tristes, achevés par la vie. Ses personnages sont très réalistes mais dans ce roman, rien n'est tout beau ni tout rose. Certains sont véritablement bons tandis que d'autres ne sont que des personnes dangereuses. A nous de déceler qui est qui et ce n'est pas gagné. 
A découvrir. 

Note : 14/20

mercredi 9 septembre 2015

Yellowstone de L. Albar

« J'ai pourtant vécu, j'ai travaillé, j'ai mangé, picolé, ri et pleuré et baisé avec eux, au milieu d'eux, j'ai collaboré car c'était ma mission au Département, avec le Chef, officiellement pour la défense et l'honneur de l'Union, de la démocratie. J'ai collaboré avec la honte. Des heures, des années noires. Machinistes, soldats, policiers, ce sont nos frères qui œuvrent, nos collègues, nos amis, je les connais, je les côtoie, je sais qu'ils recommenceront, qu'ils pourront pas faire autrement. Parce que lorsqu'on reçoit l'ordre, n'importe quel ordre, surtout celui qui semble anodin, on touche à sa propre vérité. » 

Dans une Europe gangrenée par des états-policiers, les fascismes ethniques, la déroute citoyenne, recruté par le Bureau des enquêtes fédérales, Frank Malissol devient un flic d'élite. Envoyé à Paris, il est chargé d'une mission à haut risque : enquêter sur les dérives du Département de contrôle des Zones, ces no man's lands où s'entassent les « Feujs », les « Barbus », les « Niaks » et les « Slavos ». Mais traquer les origines de l'explosion sociale a un prix : accepter d'être le poing de l'État ou son cerveau malade.


Et si cette apocalypse était pour demain, vous, vous qui n'êtes pas des flics, que feriez-vous à leur place ?


Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :

J'ai lâché l'affaire au bout de cinquante pages. D'abord pour une question d'écriture. Je n'arrive pas à accrocher à ce style, c'est un peu décousu.
Ensuite pour le thème. C'est un thriller futuriste à la Blade Runner qui se déroule dans les années 2050. Certes, cela concerne l'avenir de la société qui mène la planète à sa perte tout en en étant conscient. Un monde pessimiste probable ?
Je passe la main à cette littérature à laquelle je n'accroche pas. 
Par contre j'irai volontiers voir le film qui pourrait en être tiré. 

Sans notation possible. 

samedi 27 juin 2015

Poulets grillés de Sophie Hénaff

Cette comédie policière au ton enlevé et plein d’humour est un premier roman et premier opus d’une série aux personnages certes archétypaux mais si originaux et attachants qu’on meurt d’envie de les retrouver. Lorsque le divisionnaire Buron décide de faire briller les statistiques du 36, il regroupe dans une brigade dont il confie le commandement à la commissaire Anne Capestan, reine notoire de la bavure, tout ce que la police judiciaire compte d’alcoolos, d’homos, de porte-poisse, d’écrivains, de crétins… Pour élucider des affaires classées. 
Mais voilà, Capestan aime enquêter, travailler en équipe et, surtout, contrarier sa hiérarchie…


Avis d'un membre du club Rouletabille (Philippe) :


Anne Capestan, commissaire aux 36 Quai des Orfèvres, réintègre la maison après avoir été suspendue suite à une bavure.
Mais cette réintégration se fait par la petite porte autrement dit elle se trouve "placardisée".
En tant que commissaire, on la nomme à la tête d'une brigade, mais pas n'importe quelle brigade, une brigade de… "placardisés".
Elle se retrouve à la tête d'une équipe composée d'un alcoolique vieux mondain, d'un flic dont tous les équipiers ont fini à l'hôpital ou à la morgue, d'une écrivain qui balance les dessous de la PJ sur la place publique, d'un autre informateur attitré des journalistes et d'autres spécimens rejetés par tous les services de la PJ.
À la tête de cette équipe de branquignols, elle tente de trouver sa pitance de flic parmi tous les dossiers classés et rejetés par les autres services.
À force de creuser ces vieux dossiers refroidis, elle trouve des interconnexions suspectes entre plusieurs affaires et commence à se demander si elle agit de son libre arbitre ou se fait manipuler.

Pour un premier roman, Sophie Hénaff réussit un coup de maître.
Elle évite de tomber dans une caricature simpliste et grossière des personnages qu'elle met en scène.  Mieux même, elle leur donne une épaisseur et en fait des protagonistes de l'intrigue auxquels on s'intéresse.
Le style est direct, enlevé, les métaphores bienvenues, sans pour autant aller puiser chez Frédéric Dard ou Michel Audiard.
C'est une écriture moderne, sans lourdeur, qui nous accompagne tout le long de la lecture de cette intrigue réjouissante.
Sophie Hénaff nous offre une histoire bien "ficelée", elle sait terminer l'intrigue avec une chute tout à fait plausible bien qu'un peu pauvre.

On attend avec impatience son second roman pour savoir si un nouvel écrivain français de polar est apparu...

Note : 14/20

vendredi 23 janvier 2015

Trouver une victime de Ross MacDonald

Las Cruces n'avait rien d'une destination touristique. Mais après avoir ramassé sur le bord de la route un auto-stoppeur en sang, qui ne tarde pas à mourir, Lew Archer se retrouve coincé là, à attendre l'ouverture de l'enquête. La victime, un employé d'une société de transport d'un notable local, s'est fait dérober un camion et sa cargaison d'alcool. Se proposant de remettre la main sur le tout, Archer se lance à la poursuite de la fille du propriétaire, que certains n'hésitent pas à accuser de complicité dans cet étrange vol. Dans cette nouvelle enquête, Archer devra naviguer entre affaires crapuleuses et intrigues conjugales afin de démêler les fils d'un mystère dans lequel tout le monde est suspect et dont chacun est victime.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Maryse W.) :


Nouvelle traduction d’un polar de 1953 de cet auteur (un des plus grands noms du roman noir américain ; une vingtaine de polars) où entre en scène son détective fétiche, Lew Archer.
Psychologie des personnages soignée, rythme soutenu. Pas de temps mort ; l’enquête est solide mais peu de description. On est plongé directement au cœur d’une bourgade : Las Cruces en Caroline du sud.  C’est un polar à la grand-papa ;  on se tire dessus au 38mm et ou vole de l’alcool. On n’est pas loin des barbouzes.
De passage à Las Cruces, Lew Archer est contraint et forcé d’y rester durant l’enquête pour avoir recueilli sur la route un auto-stoppeur blessé et mourant. Dans cette ville, tout le monde se connait et ça n’arrange pas les choses…



 Note : 14/20

mardi 23 septembre 2014

L'épreuve de l'acide d'Elmer Mendoza

Le détective Edgar Mendieta,alias Zurdo, le Gaucher, songe au suicide. Quarante-trois ans, un boulot de chien, pas de femme, et une très forte tendance à l'autoflagellation. Pour couronner le tout, on le charge d'enquêter sur la mort d'une splendide strip-teaseuse, Mayra, qu'il a connue d'un peu trop près : une bombe aux yeux vairons, la seule à l'avoir traité avec indulgence, presque tendresse. Zurdo est bon pour la tournée des night-clubs, cantinas et autres arrière-cours du Mexique contemporain, au moment ou le gouvernement déclare la guerre aux narcos. Son spleen n'est pas près de s'arranger : outre les trafiquants d'armes, les faux gringos et les danseuses paniquées, Gris, son fidèle lieutenant, est en pleine crise amoureuse, son chef voudrait laisser tomber l'enquête ; lui n'arrive pas à mettre la main sur son psy et pleure son amour perdu. Pendant ce temps, la tequila coule à flots et les cadavres s'empilent. Avec son style inimitable, Mendoza nous plonge dans un Mexique baroque et délirant, où on tutoie la mort à tous les coins de rue, entre deux verres. Un polar impeccable, avec tous les ingrédients du genre, plus une bonne dose d'humour et l'argot lyrique des truands latinos.

Avis d'un membre du club Rouletabille ( Maryse W., Michel W. et Gérard)

Arturo Pérez-Reverte (Le maître d'escrime, Le tableau du maître flamand,...) classe Elmer Mendoza comme un des plus grands nom de la littérature mexicaine contemporaine, "le temps le prouvera" dit-il.
Je pense que ce n'est pas pour demain. Ici, ce n'est qu'une lecture au kilomètre : pas de paragraphes ou si peu, des dialogues mêlés sans aucun repère possible et indifférencié des descriptions... des phrases à deux sous dignes d'un enfant de maternelle, de l'argot... Bref, ce ne sont pas l'argot, l'humour et l'intrigue qui vont relever le niveau. 
On y comprend rien. Aucun plaisir à lire cela. J'ai lâché l'affaire à quarante pages (sept ; sûrement le numéro du chapitre). Vous l'aurez compris, malgré des bonnes critiques commerciales, on n'aime pas du tout.

Note : 5/20

jeudi 6 février 2014

Pyromanie de Bruce Desilva

Liam Mulligan est un journaliste de la vieille école. A Providence, Rhode Island, il connaît tout le monde : les prêtres et les prostituées, les flics et les voyous, les politiques et les mafieux (souvent les mêmes). Quand les maisons du quartier populaire où il a grandi se mettent à brûler les unes après les autres, il laisse tomber les sujets sur lesquels il bossait pour la feuille de chou locale et commence sa propre enquête. 
Question d'éthique professionnelle. En plus de ça, la police semble un peu trop pressée de classer l'affaire pour être honnête. Et puis Mulligan ne se résigne pas à voir le terrain de jeu de son enfance partir en fumée. A une époque où "investigation" est devenu un gros mot, sa hiérarchie le colle au tri des dépêches d'agences. Menacé, tabassé, il se retrouve bientôt en haut de la liste des suspects. 
Pour couronner le tout, la mafia pose un contrat sur sa tête. Portrait au vitriol d'une petite ville et d'un non moins petit Etat, réputés pour l'impéritie et la corruption de leurs dirigeants, Pyromanie s'inscrit dans la grande tradition du noir. Les jurés des prix qui l'ont couronné ne s'y sont pas trompés.


Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :

Rhode Island.
Un polar journalistique. Même si l'auteur a été encensé par Michael Connelly, il n'en reste pas moins que c'est un polar pour américains et pour les amateurs de Baseball. Si on ne possède pas les codes de ce sport, on se retrouve avec des pages entières dans lesquelles on n'y comprend pas grand-chose avec, en plus, des joueurs parfaitement inconnus. C'est comme si un Amerlock lisait un polar français dans lequel on ne parle que de rugby, citant des clubs et des gloires nationales actuelles et passées...

Ceci étant, Liam Mulligan est un journaliste de la vieille école, dont les méthodes évoquent le temps passé de la grande presse d'investigation, l'époque de l'inspecteur Marlowe. De plus, il est entouré de jolies femmes. Dommage qu'il soit autant passionné par le Baseball. Ça gâche un peu le plaisir. Heureusement qu'il écoute de la bonne musique...

Note : 12/20

mardi 19 novembre 2013

7 jours de Deon Meyer

Benny Griessel, déjà rencontré dans Le Pic du diable et 13 Heures, est un flic atypique dans le paysage du roman policier. Alcoolique, certes (comme plus d'un confrère fictionnel), mais sincèrement cramponné à son nouveau vœu de sobriété, et fragilisé par la piètre opinion qu'il a de lui même. Déchiré entre les échecs de sa vie privée et son exceptionnelle conscience professionnelle, Griessel est ici confronté à un ultimatum : un mystérieux imprécateur menace, dans des mails délirants, de tuer un policier par jour tant que le meurtrier de la jeune et belle avocate d'affaires Hanneke Sloet n'aura pas été arrêté. Et il met aussitôt sa menace à exécution. Le problème est que l'enquête préliminaire n'a rien donné : ni indice, ni mobile, ni suspect (ou à peine...). Griessel devra donc repartir de zéro. A l'arrière-plan, se dessine bientôt un paysage urbain d'intérêts politiques et financiers, de compromission et de corruption, qui ouvre bien des perspectives. Jusqu'au surprenant coup de théâtre final.
Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :
Afrique du Sud - Le Cap. On aurait aimé avoir plus de description de l'environnement pour ceux qui n'y sont jamais allés, ou du moins suffisamment pour se plonger dans le milieu de l'enquête.
On comprend bien que ce livre n'a pas été écrit en français vu la qualité de la traduction. De là à lire du Zoulou, Khosa, ou Affrkaans malgré le glossaire en fin d'ouvrage...
Mais un peu de vie locale aurait aidé à faire passer ce pavé. J'ai du mal à accrocher et même pas du tout car je lâche l'affaire à la page 200... pas de plaisir à lire.
Un inspecteur alcoolique qui se soigne (encore un), une ex et des grands enfants, une maîtresse qui évolue dans le showbiz mais qui, elle, replonge dans l'alcool... une histoire de tueur qui menace par e-mail mais qui ne fait que blesser des policiers et enfin le meurtre classé, d'une avocate qui évoluait dans la haute finance et les magouilles, qui refait surface.
D'autres pourront peut-être aimer.
Note : 7/20