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mercredi 6 mai 2020

L’attaque du Calcutta Darjeeling de Abir Mukherjee

1919. La Grande Guerre vient de se terminer en Europe. Après cette parenthèse éprouvante, certains Britanniques espèrent retrouver fortune et grandeur dans les lointains pays de l’Empire, et tout particulièrement en Inde. Ancien de Scotland Yard, le capitaine Wyndham débarque à Calcutta et découvre que la ville possède toutes les qualités requises pour tuer un Britannique: chaleur moite, eau frelatée, insectes pernicieux et surtout, bien plus redoutable, la haine croissante des indigènes envers les colons. Est-ce cette haine qui a conduit à l’assassinat d’un haut fonctionnaire dans une ruelle mal famée, à proximité? d’un bordel? C’est ce que va tenter de découvrir Wyndham, épaulé par un officier indien, le sergent Banerjee. De fumeries d’opium en villas coloniales, du bureau du vice-gouverneur aux wagons d’un train postal, il lui faudra déployer tout son talent de déduction, et avaler quelques couleuvres, avant de réussir à démêler cet imbroglio infernal.

Avis d'un membre du Club Rouletabille (Christine L.) : 

 
En 1919 , le capitaine Sam Wyndham a survécu à la guerre qui a tué son frère et ses amis, Blessé et expédié chez lui pour découvrir en sortant de l'hôpital que sa femme était morte de la grippe espagnole. N’ayant plus d’attaches, il accepte d’aller travailler à Calcutta.

Mission : résoudre le meurtre d’un très haut fonctionnaire anglais en parallèle à un vol dans un train Calcutta-Darjeeling.

Dans ce roman, l’auteur raconte la relation entre les 150 000 Anglais et les 300 millions d’Indiens avant l’indépendance,. Beaucoup d’actes choquants et surtout des explications sur la loi Rowatt qui autorise l’emprisonnement d’Indiens sans procès durant 2 ans.

Le capitaine découvre devant l’entrée du Bengal Club un panneau d’affichage
Entrée interdite aux chiens et aux Indiens

Personnage triste, malheureux, écrasé par la chaleur, moiteur, odeur qu’il essaye d’oublier grâce à l’opium. Il découvre les relations très conflictuels entre les 2 communautés.

Toutefois on sent que ce personnage et son sergent seront des personnages récurrents pour d’autres romans du même auteur. 



Note 14/20

Mascarade de Ray Celestin

1928. Chicago est la cité de tous les contrastes. Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, la ville vit au rythme du jazz, de la prohibition et surtout du crime, que la police a du mal à endiguer. C’est dans ce contexte trouble qu’une femme appartenant à l’une des plus riches dynasties de la ville fait appel à l’agence Pinkerton. Sa fille et le fiancé de celle-ci ont mystérieusement disparu la veille de leur mariage. Les détectives Michael Talbot et Ida Davies, aidés par un jeune jazzman, Louis Armstrong, vont se charger des investigations.
Au même moment, le corps d’un homme blanc est retrouvé dans une ruelle du quartier noir. Le meurtre en rappelle un autre à Jacob Russo, photographe de scènes de crime, qui décide de mener son enquête.
Quel est le lien entre ces deux affaires ? Y a-t-il un rapport avec le crime organisé ? Car la vieille école d’Al Capone et de la contrebande d’alcool est menacée par de jeunes loups aux dents longues qui, tels Lucky Luciano ou Meyer Lansky, n’hésitent pas à se lancer dans le trafic de drogue.


Avis d'un membre du club Rouletabille (Valérie L.) :

 
Mascarade est le deuxième volet d’une tétralogie comprenant Carnaval, Mascarade, et le troisième paru en octobre 2019 Mafioso.
Chaque livre, qui peut se lire indépendamment, évoque une époque, un lieu et est rythmée par la musique.
Dans Mascarade, Ray CELESTIN nous plonge dans le Chicago des années 20 en pleine prohibition, sous fond de tensions raciales. C’est la musique de Louis Amstrong que nous entendons tout le long du récit.
Dante, qui a fui Chicago pour New York, est rappelé par Al Capone pour découvrir qui, parmi son équipe, est un traitre. Ida Davis et Michael Talbot, détectives de l’agence Pinkerton, sont chargés d’enquêter sur la disparition d’une jeune fille de la haute bourgeoisie à la demande de sa mère. Jacob Russo quant à lui, photographe de scènes de meurtres, se retrouve devant une scène de crime qui lui en rappelle une autre. Ces trois enquêtes vont finalement se rejoindre.
Ce roman, qui s’inspire de faits réels, est passionnant. Ray CELESTIN a le sens du rythme et nous livre un roman riche et bien construit.
Coup de cœur

mardi 5 mai 2020

Sur le toit de l'enfer d'Ilaria Tuti

" Les tueurs voient l'enfer que nous avons sous nos pieds, tandis que nous, nous ne voyons que les fleurs... "
Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le cœur tendre, est appelée sur les lieux d'un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages... et ses vêtements ensanglantés.
Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s'en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut...


Avis d'un membre du club Rouletabille (Valérie L.) :

 
Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia est appelé sur les lieux d'un crime singulier : un homme a été retrouvé mort, nu, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages... et ses vêtements ensanglantés.
Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s'en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut...

Premier roman d’Ilaria Tuti et première enquête de la commissaire Térésa Battaglia.
L’intrigue se passe dans la région du Frioul en Italie, dans un village proche de la frontière autrichienne, région natale de l’auteur. Les descriptions de cette région sauvage montagneuse et boisée, à la fois belle et inquiétante, donnent une atmosphère particulière à ce roman, d’autant que nous sommes en hiver.
L’auteur alterne entre des chapitres qui nous plongent dans l’enquête et la poursuite d’un assassin déroutant, qui semble insaisissable, et des chapitres qui nous transportent en 1978 du côté autrichien dans un lieu étrange et pour le moins inquiétant appelé l’Ecole.
Le personnage de Térésa Battaglia, la 60aine, bourrue mais pleine d’empathie et d’humanité est magnifique et très attachante. Elle forme avec son adjoint, l’arrogant inspecteur Massimo Marini, qui vient d’arriver dans la brigade et dont c’est la première affaire, un duo improbable, plutôt mal assorti.
« Sur le toit de l’enfer » est un thriller implacable et captivant. C’est un coup de cœur.

lundi 4 mai 2020

Le français de Rosevile d'Ahmed Tiab

Oran, Algérie. Le commissaire Kémal Fadil est appelé sur un chantier de rénovation du quartier de la Marine, où viennent d'être retrouvés des restes humains datant vraisemblablement des années 1960. Il semble qu'il s'agisse d'un enfant qui portait autour du cou un crucifix. L'enquête ne s'annonce pas simple ! En réalité, elle avait été commencée bien plus tôt, menée par des policiers français... Cinquante ans plus tard, la vérité historique est toujours aussi compliquée à dire.

Avis d'un membre du club Rouletabille  (Michel E.) :

Quand des engins   de travaux publics chargés de la rénovation d'un vieux quartieer d'Oran mettent à jour deux squelettes enchevêtrés, Kémal Fadil se rend immédiatement sur les lieux. Deux squelettes :  celui d'un homme et un autre, plus petit, qui paraît être celui d'un enfant.
Après examen des ossements, le légiste retrouve des traces de blessure

mardi 28 avril 2020

L'empathie d'Antoine Renand

« Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. »
Cet homme, c’est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit.
Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la « brigade du viol ».
Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets. Un premier roman qui vous laissera hagard et sans voix par sa puissance et son humanité.



Avis d'un membre du club Rouletabille (Valérie L.) :



Deux enquêtes menées par l’équipe du Capitaine Anthony Rauch et Marion Mesny de la brigade des viols : la première sur une série de viols qui se déroulent dans des ascenseurs. La seconde confronte nos deux enquêteurs à Alpha, un violeur en série, qui s’attaque à des couples et qui n’hésite pas à torturer ses victimes selon un mode opératoire très particulier. Aussi insaisissable qu’un lézard, la traque de ce dernier va bousculer l’équipe et rouvrir des blessures trop profondes pour être cicatrisées.

Mixe de roman policier et de thriller redoutable.

Antoine Renand n’hésite pas à nous donner des détails des sévices subis par les victimes ce qui peut être dérangeant. Je m’interroge d’ailleurs sur la pertinence de ces descriptions car la qualité du roman est ailleurs : dans le rythme, l’intrigue bien construite et  l’analyse psychologique des personnages.

Ames sensibles s’abstenir ! 

Une femme de rêve de Dominique Sylvain

Pas d’erreur, cette fille était de la race des vaincus. Elle ne tenterait rien. En bonne intello, elle se contenterait d’analyser. Et tu en arriveras à la conclusion que mon père n’a aucune raison de te vouloir du mal. Une déduction erronée. Le souci avec lui, c’est qu’il n’a jamais été maître des émotions étranges qui chevauchent dans les méandres de son esprit. Il est comme un demi-dieu, capable du pire comme du meilleur. Un être absurde et merveilleux, dépourvu d’empathie, sans peur, susceptible de se lancer dans des actions inutiles et sacrément périlleuses pour lui et son entourage.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Valérie L.) :



 Tout commence dans une prison. Nous assistons à l’évasion d’un détenu, braqueur multi récidiviste, dont le dernier braquage s’est achevé dans un bain de sang,  Karmia, légende déchue. Il prend en otage Adèle, qui enseigne le cinéma dans cette prison. Face à lui Schrödinger, ancien flic, dont une de ses anciennes collègues est toujours dans le coma. Les autres personnages sont féminins : la fille de Karmia, Nico, passionnée d’écologie, qui admire et idéalise son père ;  Laurence ex de Karmia, peut être la femme de rêve.

Dominique Sylvain s’amuse avec les codes du polar et joue avec le lecteur. Elle brouille les pistes : plutôt que le coupable n’est-ce pas la victime qu’il faut chercher ?

Dominique SYLVAIN insère dans le récit quelques chapitres oniriques, dont on ne comprend, de prime abord, pas bien le sens. Qui est Doris appelée aussi l’Elue ? Est-ce un rêve, est-elle morte ?

Coup de cœur pour ce roman policier singulier, très original, un peu fou et très bien construit.

Blanche ou la triple contrainte de l’enfer d’Hervé Jubert

Paris, 1870. L'armée prussienne encercle la ville. Les Parisiens sont prisonniers et l'hiver s'annonce terrible. Blanche, dix-sept ans, est prise au piège comme les autres. Heureusement, son oncle Gaston, commissaire à la Sûreté, est là pour la protéger. Mais une enquête difficile le préoccupe... En effet, un cadavre est retrouvé dans les jardins du Palais-Royal, trépané, un tatouage occulte sur le bras gauche. Blanche, passionnée par les méthodes d'investigation, se met en tête d'aider Gaston, et sa route croise bientôt celle d'un deuxième tatoué, assassiné lui aussi. Dans une ville guettée par la famine, la jeune fille plonge au cœur d'un palpitant mystère et d'une terrible vengeance, aux frontières de la magie noire.

Avis d'un membre du Club Rouletabille (Valérie L.) :



 1er tome d’une trilogie. Béa me l'avait recommandé et nous en avons parlé au dernier Rouletabille

L’auteur nous entraîne en 1870, alors que les Prussiens assiègent Paris. Blanche Paichain, 17 ans, qui devait fuir la capitale pour la province avec ses parents se retrouve séparée de sa famille lors d’une bousculade sur le quai de la gare et ne peux prendre le train. Seule, elle rejoint son oncle Gaston resté à Paris, qui est commissaire de police. Celui-ci examine le cadavre d’un individu portant un étrange tatouage. Peu de temps après d’autres victimes sont retrouvées avec ce même tatouage. Blanche, intrépide, qui rêve d’être enquêtrice, se lance à la poursuite de l’assassin au nez et à la barbe de son oncle.

C’est un très bon roman policier pour la jeunesse à partir de 14 ans, qui nous plonge dans les années 1870 en plein cœur de la guerre franco-prussienne et de la commune. On y croise Nadar et Sarah Bernhardt.  L’auteur y ajoute une note de fantastique qui convient tout à fait à cette époque qui s'intéresse aux  sciences occultes.