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vendredi 23 janvier 2015

Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

Un corps en flammes est retrouvé pendu au balcon d'un des monuments les plus emblématiques de Barcelone, La Pedrera, d'Antonio Gaudi. Bien mauvaise publicité pour la ville à quelques semaines de la consécration par le pape de la Sagrada Familia. Les services policiers sont aux abois et réintègrent l'électron libre Milo Malart, révoqué par mesure disciplinaire. Tandis qu'il enquête en binôme avec une jeune sous-inspectrice, qui semble tout droit sortie d'une série américaine à succès, les meurtres s'enchaînent selon un rituel immuable : toujours des membres de l'oligarchie barcelonaise, férocement mutilés au sein des édifices du célèbre architecte qui fit la gloire de la ville. Barcelone a vendu son âme au diable ; elle doit payer le prix de sa magnificence. La chasse à l'homme est ouverte, mais qui cherche-t-on ? Un prédateur sadique assoiffé de vengeance ou la victime d'un système politique arrogant et corrompu, qui sacrifie les plus fragiles au faste tapageur de la ville et à sa manne  touristique ? 
Pour répondre, il faut d'abord décrypter le symbolisme ésotérique des œuvres de Gaudi, aux formes proprement hallucinantes. Dans une intrigue magistralement tenue jusqu'à la dernière page, orchestrant pressions politiques, énigmes maçonniques, mœurs dissolues et presse à sensation, Le Bourreau de Gaudi plante l'envers du décor d'une cité unanimement saluée pour sa beauté et sa prouesse architecturale. Une "Ville des prodiges" terriblement moderne et effroyablement archaïque.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Brigitte M.) : 

Personnage principale attachant, Barcelone ville ancienne et ville nouvelle avec ses scandales politico-financiers, une intrigue qui nous tient jusqu'au bout et bien sûr l'oeuvre de Gaudi. Bref, j'ai beaucoup aimé !

Note : 16/20

Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :


Un pavé de 700 pages ! Dur me direz-vous. Et bien non ; je l’ai lu en un peu plus d’une semaine.
Ca se lit tout seul, si ce n’est peut-être l’encombrement du livre, et nettement mieux qu’un roman de hall de gare de 300 pages. De plus, le nombre de personnages n’est pas proportionnel au nombre de pages ; on s’y retrouve sans problème.
Dans ce polar, tout tourne autour de l’œuvre de Gaudi, c’est normal, c’est dans le titre.
Gaudi et Barcelone ne font qu’un. Barcelone vit Gaudi et vit grâce à Gaudi. Une ville saluée pour sa beauté et ses prouesses architecturales. Mais à quel prix : la face obscure de cette cité qui s’est construite dans la douleur des expropriations de nombreux habitants sacrifiés sur l’autel du tourisme. Une intrigue tenue jusqu’à la dernière page et qui n’est pas bâclée comme dans tant de polars. 
Tout y est. Pressions politiques, le culte de l’argent et du pouvoir par une minorité, les mœurs dissolues, la presse à sensation, les planques interminables, le soleil qui rend la ville irrespirable (on est au début de l’été) … et bien sûr un inspecteur blessé par la vie (on apprend tout dans les premières pages).
Un corps enflammé pendu au balcon d’un monument de Gaudi à quelques semaines de la visite du pape venu consacrer la Sagrada Familia. Ca fait désordre. Quel rapport Gaudi avait-il avec le symbolisme maçonnique ?
L’ensemble est d’une précision extrême et il est conseillé d’avoir une carte de Barcelone pour se repérer dans les différents quartiers et rues et se plonger vraiment dans cette enquête palpitante.
On peut aussi visualiser les monuments décrits pour se rendre compte de l’importance de l’œuvre de Gaudi ; de vrais bijoux qui attirent des millions de touristes chaque année.
Pour finir, tout n’est pas rose car cette description de la ville qui relève du guide touristique, les longueurs sur la psychologie et les réflexions des personnages, les méandres de la franc-maçonnerie, le génie de cet architecte moderniste qu’était Gaudi,  peuvent rebuter certains lecteurs. C’est un polar didactique. On peut ne pas aimer ; moi, j’ai aimé.

Note : 17/20

mercredi 21 janvier 2015

Bonjour chez vous / Le cabaret des assassins de Nadine Monfils

Ce cinquième volume de la série du Commissaire Léon comprend les titres : Bonjour chez vous et Le Cabaret des assassins Bonjour chez vous Les amis du commissaire Léon lui offrent un voyage collectif à Portmeirion, village de la série mythique Le Prisonnier, dont il est fan. Léon va se retrouver au cœur d'une intrigue très étrange où chasser le meurtrier reviendra à une partie d'échecs, avec des pions trempés dans le vitriol ! Mélange d'humour noir et de suspense dans un lieu incroyable, au cœur du pays de Galles. Le Cabaret des assassins Jeannot, le patron du Colibri, est parti regarder pousser le pinard à la campagne. Est-ce pour cette raison que tout se déglingue à Montmartre ? Le fameux battement d'ailes du papillon ? Pendant deux jours, Léon a un trou de mémoire et se retrouve au cœur d'un meurtre où tout l'accuse. Peut-on aller au bout de soi-même sans se perdre ? A l'inverse, qu'apprend-on de la vie en restant dans ses pantoufles ?

Avis d'un membre du club Rouletabille (Philippe L.) :


Ce livre est un concentré de Audiard, Frédéric Dard pour San Antonio et Alphonse Boudard.
Mais certainement pas un concentré du meilleur, bien au contraire, ce roman est ce qui reste une fois que l'on a enlevé la verve, la truculence et le plaisir des jeux de mots des auteurs précités.
À savoir, la vulgarité et le constant besoin de métaphores salaces.
Le commissaire Léon est un misogyne qui ne fréquente que des prostitués et vit à Montmartre.
L'auteur se croit obligé de nous décrire un Montmartre peuplé de marginaux tous plus pathétiques les uns que les autres dans leur déchéance.
L'intrigue est totalement inconsistante et le fait que l'action se passe dans l'univers décalé de la série "Le prisonnier", n'est pas une excuse pour écrire n'importe quoi sans se soucier de la vraisemblance.
Le commissaire recherche une fillette qui pourrait être l'assassin et qui s'avère être l'auteur elle-même. Cette dernière menace de tuer le commissaire Léon dans un prochain roman si ce n'est dans celui-ci. Pour arriver à entraîner le lecteur dans une telle intrigue psychanalytique, il faut une profondeur d'écriture qui manque totalement à ce roman.
Bref, ne vous laissez pas abuser par le résumé aguicheur dont le ramage ne se rapporte pas au plumage.


Note : 6/20

Au bout de la route, l'enfer de C.J. Box

Danielle Sullivan et sa cadette Gracie - la bimbo chipie et la gentille sérieuse de Piégés dans le Yellowstone -, se volatilisent sur la route alors qu'elles roulaient en direction du Montana pour y retrouver Justin. Ne parvenant pas à les contacter, le garçon s'inquiète et appelle son père, Cody Hoyt. Mais Cody, qui vient de se faire virer de son job et s'est remis à boire après plusieurs mois d'abstinence, n'est pas en état de les rechercher. Son ancien équipier de la police, Cassie Dewell, le convainc cependant de l'accompagner jusqu'à l'endroit, sur l'autoroute, d'où elles ont envoyé leur dernier message. Ils découvrent en chemin que plusieurs disparitions étranges ont été signalées dans la région - parmi des prostituées, il est vrai. Pendant ce temps, King Lizard trace la route au volant de son bahut, en quête de nouvelles proies...

Avis d'un membre du club Rouletabille (Philippe L.) :

Attention ce qui suit dévoile une partie de l'intrigue


Voici un roman qui apparaît vraiment comme une œuvre de commande, un devoir à rendre à l’éditeur. Les références sont constantes à un précédent ouvrage et la fin prépare le suivant.
Deux jeunes sœurs se font enlever lors d’un déplacement en voiture par un camionneur, violeur et serial killer, qui parcours les États-Unis au volant de son poids lourd en semant les cadavres le long de son chemin. Le petit ami de l’une d’entre elles est le fils d’un policier, récemment congédié pour avoir maquillé des preuves pour prouver la culpabilité d’un suspect. Ce flic déchu part à la recherche des deux jeunes filles et s’adresse en premier à un ex-collègue qui n’est autre que le complice du camionneur.
Il se fait éliminer et sa jeune collègue part à son tour en chasse.
Elle s’adresse en premier, "de nouveau", au complice qui sera dénoncé par le camionneur avant que celui ci ne prenne la fuite.

Vous me suivez toujours ? Bien, c’est tout pour l’intrigue !
A défaut de proposer une intrigue solide et haletante, ce roman peut être intéressant par la description du fonctionnement des divers services de police de l’Amérique profonde dans le Montana et des relations conflictuelles entre les protagonistes. En particulier par le fait qu’un shérif est un élu et doit faire campagne pour son élection.


Note 12/20

jeudi 15 janvier 2015

L'enfant qui criait au loup de Gunnar Staalsen

" J'ai reçu un appel du passé. " Varg est appelé en renfort dans une affaire de double meurtre. Le principal suspect est Jannegut, un gamin placé très jeune en famille d'accueil. Il s'est retranché sur les pentes escarpées d'un fjord, et la nuit tombe. Le garçon n'accepte de parler qu'au détective privé. Pourquoi ? Dans la ligne de mire des flics tapis plus bas, et sous les yeux avides des journalistes déjà sur place, Varg accepte cette mission périlleuse. 
Les chemins du garçon et du détective s'étaient déjà croisés du temps où Varg sévissait à la Protection de l'enfance, au début des années 70. Retiré des bras d'une mère toxicomane à l'âge de 3 ans, puis témoin à 6 ans de la mort de son père adoptif dans des circonstances ambiguës, Jannegut est placé dans une ferme isolée de l'Angedal, chez Kari et Klaus Libakk. Le mauvais sort s'acharne quand, quelques années plus tard, le couple est retrouvé sauvagement assassiné. 
L'adolescent mutique et introverti écope de dix ans de prison qui lui suffiront tout juste à nourrir un projet de vengeance à l'encontre de tous ces soi-disant " bienfaiteurs ". Dans ces circonstances, il faut s'attendre au pire à la sortie de prison... Que ce soit Varg et ses collègues de la Protection de l'enfance, le directeur de l'orphelinat ou encore l'avocat de la famille, tous gravitent à leur manière autour du " cas Jannegut " qui semble le plus parfait exemple de l'échec des politiques sociales en Norvège.


Avis d'un membre du club Rouletabille (Simone H.) :

Peu plausible sur le plan psychologique. Des chassés-croisés dans les couples. Pas euphorisant comme polar.

Note : 10/20

Captives de Cody McFayden

C'est une belle journée ensoleillée en Californie. Smoky Barrett, agent spécial du FBI, et l'ensemble des membres de son équipe, assistent au mariage d'une de leurs plus proches collègues, Callie. Au beau milieu de la cérémonie, une housse mortuaire est jetée d'une voiture sur le parking d'en face. A l'intérieur : une femme encore vivante, le crâne rasé, décharnée, les yeux emplis de terreur, incapable de communiquer. 
Qui est-elle ? Et pourquoi l'avoir relâchée devant cet aréopage d'enquêteurs. S'agit-il d'une simple coïncidence, d'une provocation, d'un message ? Ou serait-ce le début d'un jeu de piste infernal ? On découvre peu à peu d'autres victimes, avec le même profil. Toutes ont été portées disparues depuis de nombreuses années. Smoky et son équipe vont alors devoir traquer le psychopathe le plus dérangeant, le plus intelligent aussi, auquel ils aient jamais eu affaire. 
Froid, calculateur, et d'une cruauté sans limite, il ne tue pas ses victimes, mais les séquestre durant sept ans, attachées, privées de lumière, et torturées avec persévérance. Pourquoi agit-il ainsi et à quoi lui sert de semer autant d'indices ? Smoky Barrett, psychologue émérite, est la seule à pouvoir décrypter les motivations cachées de ce kidnappeur atypique. Mais elle sait aussi d'expérience que plus elle se rapproche de lui, plus elle perce les secrets de son psychisme dérangé, plus elle se met en danger. 
Et si ce criminel cherchait justement à l'attirer ? Avec ce nouveau roman, plus sombre que jamais, Cody McFadyen nous plonge dans les tréfonds de l'âme humaine, face à l'expression du mal triomphant. Un thriller à couper le souffle avec un dénouement des plus inattendus.


Avis d'un membre du club Rouletabille (Brigitte M.) :

Enquête classique avec quelques longueurs parfois. L'agent Smoky et ses proches sont encore une fois en danger, ils ont déjà subi beaucoup de choses par le passé et ça devient un peu gros. 
Je reste un peu sur ma faim avec ce livre car il se lit bien mais...

Note : 12/20

mercredi 14 janvier 2015

Le dernier banquet de Colleen Mac Cullough

Janvier 1969. La quiétude d’Holloman, petite ville du Connecticut, est troublée par une série de meurtres.
La première mort violente intervient lors d’un dîner de retrouvailles. Un fils de famille retrouvant son père qu’il n’avait jamais connue, s’écroule, mort.
La seconde lors d’un gala de charité. La présence de poison dans les veines des deux victimes amène tout d’abord le détective Carmine Delmonico à orienter son enquête vers la communauté scientifique de la ville. D’autant qu’une toxine mortelle a été dérobée à l’université de Chubb.
Le docteur Jim Hunter, un scientifique de renom, fait partie des premiers suspects. N’était-il pas présent lors des deux meurtres ? Mais le fait qu’il soit noir, marié à une blanche, et victime de plusieurs scandales, n’en fait-il pas le coupable idéal ?
À une époque où les moyens d’investigation de la police sont limités, Delmonico devra s’armer de patience. Et surtout faire preuve de bon sens en commençant par se poser les bonnes questions, dont celle-ci : à qui profitent ces meurtres ?


Avis d'un membre du club Rouletabille (Laurence F.) :

Décès par toxine injectée, dans un milieu scientifique universitaire, trop de personnages, situations complexes...compliqué. Pas terminé.

samedi 10 janvier 2015

Ombres sur Venise de Jean Giraud


Dans Venise, la plus fabuleuse ville du monde qui attire chaque année des centaines de milliers de touristes éblouis, la terreur a cédé la place à l'émerveillement. Les disparitions inexplicables se multiplient. Les cadavres horriblement mutilés s'accumulent. Un sociopathe dément a juré de faire payer à la Sérénissime l'affront qu'elle lui a infligé. Pour mener à bien son horrible vengeance il peut compter sur l'aide de " complices " encore plus redoutables que lui, de véritables monstres surgis du passé et qui sèment la mort dans leur sillage. Saint-Priest et ses amis parviendront-il à identifier la terrible menace et à la neutraliser ?

Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :

Un polar construit en deux temps.
D'un côté un personnage érudit et aux pratiques sombres. 
De l'autre, un mythe venu de Grèce créé autour des filles incestueuses d'un dieu marin et de sa sœur. 
Disparition, cadavres retrouvés dans un état énigmatique... La peur sur Venise est contagieuse. La ville va sombrer peu à peu dans la paranoïa.
Le commissaire Guardi et son équipe sont dépassés. Sa hiérarchie ne le soutien plus quand il évoque des pistes autour d'effroyables créatures. Et ce n'est sûrement pas l'armée qui va pouvoir l'aider... 
Une enquête fort bien écrite et bien plus dynamique que celles de Donna Leon qui nous immerge dans une Venise sombre. Palais abandonnés, habitants qui désertent la ville peu à peu et qui se meurt. Mais une ville qui reste insouciante, vivant de ses milliers de touristes et de son passé glorieux qu'elle essaie de faire renaître à travers son carnaval. Une lecture bonheur même si celle-ci plonge finalement dans le fantastique. A moins que ...

Note : 14/20