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jeudi 24 juin 2021

Meurtres aux petits oignons

 

Dans tous les pays du monde, à l'heure du repas, les héros de polars, bons ou mauvais, se mettent à table. Comme le dit Jean Tulard dans son dictionnaire du roman policier « La gastronomie fait bon ménage avec le crime ». Qu’ils soient patrons de bar ou de restaurant pour leur servir de couvertures, qu’ils se donnent rendez-vous devant des nappes blanches pour, entre autres, faire leur fête aux papilles ou qu’ils s’adonnent à la préparation de petits plats, place aux fins gourmets qui n’oublient pas les plaisirs gastronomiques tout en poursuivant leurs enquêtes ou leurs combines.


Extrait de Grisbi or not grisbi d'Albert Simonin

« Ça sent bon chez toi, j'ai fait en humant.

- Aujourd'hui, c'est le lapin gibelotte... Je t'en fais servir un ? Outre que le lapin embaumait, ce qui était déjà une raison suffisante pour en tâter, le fait de m'asseoir devant un petit mâchon ne pouvait pas nuire à ce que je projetais.

- T'as raison, j'ai dit, je vais y goûter... Seulement, faut que je t'avertisse... J'ai une escorte à la porte.

- Les condés ?

- Qui veux-tu que ce soit ! »


Personnages gastronomes, qui pratiquent avec passion la cuisine, ou petits plats meurtriers, la littérature policière est riche en références gustatives et en recettes, parfois fatales.

 

ENQUÊTES ET GASTRONOMİE 

Commençons par Georges Simenon et son inspecteur Maigret, mangeur de sandwich et buveur de bière, qui sait aussi bien savourer les petits plats de Mme Maigret, dont Robert Courtine a donné les recettes dans un livre, que s’attabler dans une auberge ou un discret restaurant de quartier pour y déguster les spécialités.



Saveurs méditerranéennes 

Manuel Vázquez Montalbán et son Pepe Carvalho, détective gourmet promène ses lecteurs dans les restaurants et bars de Barcelone pour déguster des calamars à la boqueria, des melindros ou le carajillo. Il n’hésite pas à se mettre au fourneau pour concocter de bons plats, parfois complexes, et de nous en donner la recette.

Également critique gastronomique, Manuel Vázquez Montalbán a écrit un livre des recettes de Carvalho.





Andrea Camilleri quant à lui crée le commissaire Montalbano gourmet et râleur. Comme le personnage de Vázquez Montalbán, Montalbano est un discret, un pur, mais aussi un homme capable de faire de longs détours pour goûter un mets délicat. La vue d'un frigo vide le pousse vers la dépression tandis que l'idée d'un déjeuner subtil le rend presque guilleret.

« Il s'arrêta devant le restaurant où il avait déjà déjeuné la fois précédente. Il s'empiffra d'un sauté de clovisses en chapelure, d'une solide portion de spaghettis aux clovisses, d'un turbot au four à l'origan et au citron caramélisé. Il compléta le tout d'un gâteau au chocolat amer avec une sauce à l'orange. À la fin, il se leva, gagna la cuisine et serra la main avec émotion au cuisinier, sans mot dire… »


Dans la La commedia des ratés Tonino Benacquista n'a pas oublié les conseils de sa mamma lorsqu'il donne la recette de la sauce all'arrabbiata, un œil sur le plat et l'autre sur la jeune personne qui le prépare : 

« Les pâtes brûlantes sont arrivées dans mon assiette. Un délice qui enflamme le palais. Je me suis toujours méfié des filles qui savaient faire la cuisine. ».








Même référence chez Cesare Battisti qui, lui, a une préférence pour la sauce au thon avec ses spaghettis. 

Dona Leon dont les intrigues se passent à Venise, nous fait découvrir avec son inspecteur Brunetti, aussi fin limier que bonne fourchette, un échantillon de la gastronomie vénitienne : Fagottini aux crevettes ; Crostini aux aubergines ; Spaghetti all’amatriciana ; Lasagne aux cœurs d’artichaut et proscuitto ; Côtelettes d’agneau al pomodoro…


"Douze ans de séjour en Italie m’ont appris que l’histoire de la Mafia s’identifie absolument avec l’histoire de la gastronomie sicilienne », écrit Jacques Kermoal.

Avec humour, il raconte ici dix rendez-vous décisifs authentiques en les illustrant des menus, bien souvent de véritables festins, qui y furent servis. Ainsi, du « banquet de Messine, 1860 » au « déjeuner au palais épiscopal de Palerme, 1948 », du « déjeuner chez Lucky Luciano, Naples, 1962 » au « repas d’anniversaire à Montelepre, 1972 », le lecteur retiendra l’anecdote historique autant que les recettes aux noms prometteurs : « cuissot de chevreuil faisandé à l’eau-de-vie de prunes d’Agrigente, courge à l’aigre-douce, flan de châtaignes, cocktail de pâtes froides à la crème, aubergines et tomates à la Caponata, mérou au four, sorbet à l’orange…»



Le « polar aïoli » pour évoquer des polars ancrés à Marseille et plus généralement dans le sud de la France

Jean-Claude Izzo, en vrai Méditerranéen, donna le ton avec sa trilogie Total Keops, Chourmo et Solea, truffant ses romans de recettes offrant un savant cocktail de gourmandises ensoleillées, de nostalgie et de violence.

« Les langues de morue... c'était un plat délicat. On pouvait les faire au gratin, avec une sauce aux clovisses ou à la provençale, en papillote ou même cuites au vin blanc avec quelques lamelles de truffes et de champignons. Mais en beignets, selon elle, c'était ça le mieux. Babette et moi étions prêts à goûter les autres recettes, tant c'était délicieux. ».




Charles Aubert
dans chacun de ses romans nous régale de petits plats partagés entre amis, accompagnés de vins locaux.

« Un parfum puissamment iodé agrémenté de notes d’agrumes et de fenouil s’est dégagé en volutes chaudes » du loup en croute de sel, accompagné d’un Costières de Nîmes.

« Vieux Bob et Paddy sont arrivés en portant les plateaux d’huitres au-dessus de leurs têtes. Paddy avait des bouteilles de Picpoul qui dépassaient des poches de son treillis…»





Mais aussi...


Noël Ballen et Vanessa Barrot ont crée une série Crimes gourmands 6 titres) qui associe passions pour le polar et pour la gastronomie. Cette série a été adapté en BD

Laure Grenadier est une jeune rédactrice en chef d’un magazine culinaire. Accompagnée de son photographe, elle se rend à Lyon pour y réaliser un reportage sur les bouchons et sur leurs tenanciers. À son arrivée, elle apprend que l’un de ses contacts a été retrouvé assassiné par étouffement dans son établissement. Un second crime perpétré sur le même mode opératoire la décide à mener son enquête…

Petits meurtres à l'étouffée et Un cadavre en toque ont été adaptés en BD chez les Editions Delcourt.




Historienne de l’alimentation, Michelle Barrière dans ses polars historique retrace l’histoire et l’évolution de la cuisine et des manières de table. Un cahier de recettes d’époque, facilement réalisables, accompagne chaque livre.

Souper mortel aux étuves est le premier tome de série La dynastie Savoisy qui comporte 10 titres.

Paris, 6 janvier 1393. Messire Jehan est retrouvé la gorge tranchée dans des étuves mal famées de la rue Tirechappe. Constance n'a plus qu'une idée : venger son mari. Elle se fait embaucher comme cuisinière par Isabelle la Maquerelle, la patronne des étuves. Elle doit affronter l'irascible Guillaume, cuisinier à la cour du roi, qui arrondit ses fins de mois au service d'Isabelle. Leurs joutes culinaires deviennent vite l'attraction majeure du quartier de la Grande Boucherie. Malgré les embûches, la jeune femme mène l'enquête.






Poursuivons notre périple gastronomique outre-atlantique, en Asie et en Afrique

Les écrivains américains ne sont pas à la traîne lorsqu’il s’agit de trésors culinaires. Kay Scarpetta, médecin légiste, héroïne principale des romans de Patricia Cornwell, aime entre deux autopsies, recevoir des invités et leur cuisiner des festins. Même dans ses repas plus simples en solitaire, tout est décrit en détail.

« Pour le crabe … Un oeuf légèrement battu, une demi-cuillerée à café de moutarde forte, une ou deux giclées de sauce Worcestershire, quatre crackers sans sel, réduits en poudre. Épluchez un oignon, un vidalia si vous en avez gardé de cet été. Un poivron vert, découpé en morceaux. Une ou deux cuillerées de persil, du sel, du poivre pour donner du goût... Ensuite, vous mélangez tout ça gentiment, et vous moulez en forme de petits pâtés, expliqua-t-elle en joignant le geste à la parole. Vous faites sauter à l'huile à feu moyen jusqu'à ce qu'ils brunissent légèrement. Et puis, vous pouvez lui préparer une salade ou un peu de coleslaw .»





Suivons les enquêtes d’Hannah Swensen qui a ouvert sa pâtisserie, le Cookie Jar. 

Son quotidien devient plus passionnant encore quand son livreur, Ron LaSalle, est retrouvé assassiné juste derrière son magasin. Le beau-frère d'Hannah, shérif adjoint du comté, fait appel à elle pour l'aider à trouver le coupable. Très vide Hannah va réaliser qu'elle n'est pas seulement douée pour les cookies, mais qu'elle est aussi une enquêtrice hors-pair. Des enquêtes pleines de rebondissements, sucrées mais légères, surprenantes de bout en bout, avec de vraies recettes à l'intérieur !





Chrystine Brouillet est une auteure et chroniqueuse littéraire et gastronomique canadienne. Elle est connue pour sa série de romans policiers toujours parsemés de repas, de bons vins et de restaurants, ayant pour héroïne la policière Maud Graham.









Anthony Bourdain, chef cuisiné est aussi l’auteur de « « la surprise du chef ».

Tommy Pagano a une passion : la grande cuisine. En attendant de réaliser son rêve de diriger une grande table à New-York, il est sous-chef au « Liner », un restaurant de poissons. Mais Tommy a aussi un gros problème : sa famille, surtout son oncle obèse, Sally « La-Moumoute », qui a une conception bien à lui des liens familiaux –comme de la gastronomie d’ailleurs … Entre le parrain local un peu envahissant, le FBI qui cherche un moyen de coincer Sally et ses comparses, un chef névrosé et héroïnomane et un patron ancien dentiste qui se pique de cuisine, Tommy a bien du mal à s’y retrouver dans ses recettes !


Dans Soul Kitchen dernier opus qui clôt la trilogie entamée avec Alcool et La Belle Rouge, Rickey et G-man, qui ont fait d'Alcool le restaurant le plus prisé de la Nouvelle-Orléans, s'embarquent dans un projet de restaurant à bord d'un ferry-boat typique de la Nouvelle-Orléans… Ils sont accompagnés de Milford Goodman, qui a passé dix ans en prison pour avoir assassiné sa patronne et qui vient d’être acquitté. Alors que l’ouverture du nouvel établissement approche à grands pas, Rickey découvre le lien inextricable qui existe entre le passé de Milford et celui d’un des investisseurs, un homme aux intentions funestes…
Poppy Z. Brite donne corps comme jamais à l’esprit d’un lieu, la Louisiane, et de ses habitants. Il n’y avait qu’elle – auteur gothique à succès, habitante de la Nouvelle-Orléans et épouse d’un chef cuisinier – pour nous offrir une trilogie culinaire aussi succulente.




Du côté de la Louisiane, James Lee Burke fait systématiquement préparer des repas étranges, épicés et bien graisseux à son héros Dave Robicheaux.


Sue Grafton et son enquêtrice célibataire Kinsey Milhone ne négligent pas, quant à elles, les cafés où l'on peut se restaurer simplement mais de façon roborative comme dans N comme nausée :

« Rien de plus réconfortant que des oeufs brouillés le soir ; d'un jaune moelleux réjouissant, luisants de beurre et piquetés de poivre moulu. J'eus droit à trois lanières de bacon frit, une montagne de pommes de terre sautées aux oignons et deux tranches de pain de seigle imbibées de beurre et dégoulinantes de confiture. Le mélange des saveurs qui me fondirent dans la bouche faillit me faire roucouler de volupté. » 






Tandis que dans le Montana, James Crumley, ami du non moins gastronome Jim Harrison, va opter pour le steak d'élan bien épais.


Recette d’amour et de meurtre est le premier tome d’une série d’enquêtes de Tannie Maria, veuve pétillante qui adore cuisiner.

« 1 homme trapu qui maltraite son épouse,
1 petite épouse bien tendre,
1 dure à cuire de taille moyenne qui en pince pour l'épouse,
1 fusil de chasse,
1 petite ville du Karoo marinée en secret,
3 bouteilles de brandy Klipdrift,
1 poignée de piments,
1 jardinier inoffensif,
1 new-yorkaise chaude comme la braise,
7 adventistes du septième jour (parés pour la fin du monde),
1 détective amatrice avec un cœur d'artichaut,
2 policiers pleins de sang-froid,
1 poignée de fausses pistes et de suspects bien mélangés,
1 pincée d'envie.
Jetez tous les ingrédients dans une grande casserole et laissez lentement mijoter pendant quelques années en remuant avec une cuillère en bois.
Vers la fin, ajoutez le piment et le brandy, puis montez le feu. »



L’inspecteur principal Chen de la brigade des affaires spéciales, concilie politique et cuisine. Nous découvrons à travers ses enquêtes la gastronomie chinoise et le plaisir de boire un thé vert…

« Une serveuse rondouillarde et courte sur pattes, qui devait avoir dans les cinquante-cinq ans, lui tendit un menu sale dans un silence maussade. Il commanda une bière Tsing Tao, deux plats froids – du tofu séché à la sauce rouge et un œuf de cent ans à la sauce soja – et lui demanda :

– Vous avez des spécialités ?

– Tripes, poumon, cœur de porc, etc. Tout cela cuit à la vapeur avec du vin de riz. Notre chef fait encore son propre vin de riz. C’est une vieille spécialité de Shanghaï. Vous n’en trouverez nulle part ailleurs.

– Formidable. Je prendrai ça, dit-il en refermant le menu. Et aussi une tête de carpe fumée. Une petite. »





PLATS ASSASSİNS

Du poison glissé subrepticement dans les boissons : du thé dans Thés, cyanure et sympathie de Patricia Moyes, du champagne dans Dix petits nègres d’Agatha Christie ; mais aussi dans une quiche La quiche fatale le tome 1 des enquêtes d’Agatha Raisin, ou le chocolat auquel nous ne pouvons guère résister : Les yeux en bandoulières de John Dickson Carr ou Le crime est notre affaire d’Agatha Christie. Le poison est une arme du crime courant dans le roman policier.

         


An de grâce 1556 : François, étudiant en médecine à Montpellier, n'a qu'une idée en tête : devenir cuisinier. Aux dissections, il préfère l'étude du safran, de la cardamome, du gingembre, du macis et autre maniguette sous la houlette de l'apothicaire Laurent Catalan. Mais une série de morts suspectes sème le trouble dans la ville. Un mystérieux breuvage distribué par un apothicaire ambulant en est la cause. Laurent Catalan est accusé de complicité et jeté en prison. François mène l'enquête jusqu'à Bologne. Parviendra-t-il à sauver Catalan ?

Alors qu’à Tokyo deux cadavres d’hommes empoisonnés par une substance indécelable embarrassent la police japonaise, en France un commandant de la brigade criminelle est chargé d’élucider la mort d’un riche Japonais lui aussi empoisonné par un produit inconnu.

Des deux côtés de la planète, des crimes qui, a priori, n’ont rien à voir, sauf que… Le commandant Simmeo, passionné d’art, découvre qu’ils sont liés par les yakuzas. Voilà la Crim’ du 36, quai des Orfèvres obligée de travailler avec son homologue japonaise, aux méthodes bien différentes, pour coincer un coupable qui utilise la cuisine moléculaire pour parvenir à ses fins…

Entre Paris et Tokyo, une sidérante plongée dans les eaux troubles de la gastronomie et de la science.



Dans le Rio de Janeiro d'avant-guerre sévit un tueur en série ayant une particularité : il ne s’attaque qu’aux femmes très grosses. Ainsi disparaissent une prostituée polonaise, une religieuse incapable de résister à la gourmandise, l’attachée de l’ambassade d’Allemagne et plusieurs jeunes femmes de la bonne société carioca. Le commissaire Noronha est chargé de l’enquête. Esteves, un ex-policier portugais reconverti dans la pâtisserie, lui prête main-forte. 





Entre la miss Marple d'Agatha Christie et la Mma Ramotswe d'Alexander McCall Smith, Kalpana Swamizathan nous propose de découvrir la charmante miss Lalli, retraitée sexagénaire du service des homicides de la police de Bombay, dans cette première enquête sur fond de gastronomie indienne.








Continuons cette promenade gastronomique et littéraire sur un instant d'intense émotion. 

Le thriller admet bien quelques surprises du chef ! 


Plaisir en bouche de Béatrice Joyaud est un roman qui, via la gastronomie, traite de la quête du sens et du dépassement des limites.

Considéré comme un génie de par ses facultés hors normes à distinguer les goûts et sa déconcertante facilité à cuisiner toutes sortes de plats, Balthazar Chacun devient, avec son restaurant Arthus (3 étoiles, le summum), le symbole d'une nouvelle tendance intellectuelle, le Misme, qui prône une forme de dépouillement. Cette « mode », montre vite ses limites et le restaurant de Balthazar perd une étoile. Cette nouvelle lui avait été annoncée par une lettre anonyme. Cette lettre, par son contenu, l'aide à réaliser qu'il lui faut abandonner le Misme pour en prendre le contre-pied. Il ouvre ainsi un nouveau restaurant totalement baroque, orgiaque, qu'il nomme le Palais des nuits. Le succès est foudroyant. Cette lettre anonyme sera la première d'une série qui, à chaque fois, l'aidera à repousser les limites de son champ d'investigation gustatif, jusqu'au drame lorsqu'il ne lui restera plus que l'être humain à cuisiner en sauce. 


Thomas Harris est sans aucun doute fin gourmet. Seul défaut à sa toque : son goût prononcé pour la chair humaine. Nul n'est parfait et surtout pas l'incontournable Hannibal Lecter et sa recette de la cervelle humaine.

« Avec précaution, des deux mains, il souleva la calotte crânienne de Krendler, l'installa sur un plateau et rapporta le tout à la desserte. L'incision très nette ne saignait pratiquement pas... Au-dessus de la boîte crânienne tronquée, le dôme de la masse cervicale, d'un rose grisâtre, émergeait nettement... Avec une admirable dextérité, le docteur Lecter coucha les tranches raffermies sur une assiette, les saupoudra de farine assaisonnée puis de miettes d'une brioche à peine sortie du four. Il râpa une truffe fraîche au-dessus de la sauce, qu'il releva d'un trait de jus de citron. Il saisit rapidement les tranches, les faisant dorer de chaque côté.

- Ca sent bon ! croassa Krendler.

Après avoir dressé les filets sur des canapés, il les nappa de sauce et de lamelles de truffe. Sur les assiettes chaudes, une garniture de persil et de câpres non équeutées, ainsi qu'une fleur de capucine couchée sur un lit de cresson pour rehausser l'ensemble, vinrent compléter sa présentation. »



CERISE SUR LE GÂTEAU

Pour prouver, s'il est encore nécessaire, que la Série noire aime la bonne chère, il faut enfin se plonger dans le Livre de cuisine de la Série noire d'Arlette Lauterbach et Alain Raybaud, rassemblant cent cinquante extraits de polars et autant de vraies recettes allant du pâté en croûte de Raymond Chandler à la crème brûlée de Daniel Picouly.



Mais aussi Crèmes et châtiments, recettes délicieuses d'Agatha Christie, écrit en collaboration avec François Rivière, nous fait voyager avec les personnages de la grande dame du noir de Torquay à Greenway. L’occasion aussi de découvrir la cuisine anglaise. On retrouve la steak & kidney pie du déjeuner à l’auberge d’Hercule Poirot, le lemon cheese cake, le Christmas pudding bien sûr, ou les scones du tea time chez Miss Marple.




Sur le même principe, dédié à un autre héros aussi incontournable que très anglais, Alimentaire, mon cher Watson ! Si le célèbre détective ne cuisine guère, il ne dédaigne pas les bonnes tables et les recettes ne manquent pas dans cet ouvrage élaboré en collaboration avec la société Sherlock Holmes de France : confitures et scottish biscuits de Mrs Hudson, omelette et bacon du petit déjeuner au 221B Baker Street, rôti de bœuf et yorkshire pudding du célèbre club d’échecs Simpson-in-the-Strand...

Camilla Läckberg vous reçoit à sa table en s’associant avec le chef Christian Hellberg, qui a grandi comme elle à Fjällbacka, petit port de pêche suédois. La gastronomie et les traditions suédoises sont mises à l’honneur par l’auteure de Cyanure.


Dans Crimes glacés 5O recettes inspirées des polars scandinaves, cuisinez, apprenez, frissonnez en compagnie des plus fins limiers nordiques !

Enfin, Jean-François Parot s’associe de son côté à Marion Godfroy, spécialiste du 18ème siècle et passionnée de gastronomie. A la table de Nicolas Le Floch met la gastronomie française du siècle à l’honneur, et l’on y retrouve les recettes de l’emblématique enquêteur ou du moins les recettes qu’il déguste, préparées par Catherine, puis par Awa, Semacgus ou madame Bourdeau, ou encore par Marion, la cuisinière de M. de Noblecourt. Ces personnages sont présentés plus en détails, et les explications sur l’histoire de la cuisine et les coutumes de l’époque abondent. Par ailleurs, une page est dédiée aux plaisirs de la table sur le site de l’auteur.



BONNES LECTURES ET BON APPÉTIT !!!!


mardi 22 juin 2021

Hommage à Benoît Sokal

 

Benoît Sokal, père de l’inspecteur Canardo, également connu pour ses jeux vidéo, notamment l’Amerzone, Syberia I et II ou Paradise décliné sous forme de BD, est décédé le 28 mai dernier. 



S’inspirant du polar noir américain, Sokal crée en 1978 l’inspecteur Canardo, un canard anthropomorphe pessimiste et désabusé, entre Philip Marlowe de Raymond Chandler et Mike Hammer de Mickey Spillane, vêtu d’un vieux trench-coat qui rappelle celui de l’inspecteur Colombo, une bouteille de whisky dans une des poches, son flingue jamais loin, un mégot pendu au bec et roulant en Cadillac blanche.

Son personnage a marqué la bande dessinée franco-belge des années 1980 à 2000 avec ses enquêtes (25 tomes) ayant souvent pour décors des milieux interlopes et des quartiers glauques dans lequel il se fondait à merveille, fort de ses reparties glaciales et d'un cynisme désabusé.


À lire ou à relire !

La série est disponible à la Ludobibliothèque Emile Bayard


samedi 22 mai 2021

Thierry JONQUET, figure marquante du roman noir français

Thierry JONQUET est écrivain et scénariste. Il est né le 19 janvier 1954 à Paris où il a toujours vécu. Il est décédé le 9 août 2009. Il avait 55 ans.

Ses expériences en tant qu’ergothérapeute auprès de personnes âgées tout d’abord puis d’enfants dans un centre de rééducation, avant de se tourner vers l’enseignement dans une unité en charge de neuropsychiatrie infantile et dans une classe d'éducation spécialisée dans un lycée de la banlieue parisienne, mais aussi son engagement et son militantisme notamment à lutte ouvrière et à la ligue communiste révolutionnaire (LCR), ont sans aucun doute construit et influencé son identité sociale autant qu’artistique, mais aussi alimenté et développé sa sensibilité et sa singularité.

Thierry JONQUET choisit le roman policier pour rendre compte des dysfonctionnements de notre société et des violences sociales qu’elle inflige, pour raconter les choses de la vie, à l’instar d’auteurs comme Jean-Patrick Manchette ou  Pierre Siniac, mais aussi Francis Ryck, Didier Daeninckx, Frédéric H. Fajardie Jean Bernard PouyHervé PrudonJean VautrinMarc Villard… qui ont permis le renouvellement du genre et la création d’un nouveau courant, le néo-polar.

« De livres en livres, Jonquet n’en finissait pas de désigner la barbarie, la bêtise, les guerres fratricides. Il autopsiait notre monde d’aujourd’hui en fabriquant des histoires souvent prémonitoires. Lui qui avait l’allure d’un père peinard, carburait à la révolte et s’engouffrait dans la littérature comme ultime chance de rester debout, digne malgré la folie de notre société. Jonquet mettait en scène les éclopés de la vie, les enfances volées, les corps torturés, les vieillards oubliés, les esprits désemparés. Il dénonçait les lâchetés des politiques, l’aveuglement des bien-pensants et en a irrité plus d’uns. » (Extrait d’un article hommage à Thierry Jonquet de Martine Laval publié dans Télérama en 08/2009)

Il publie tout d’abord sous les pseudonymes de Ramón Mercader (militant communiste espagnol connu pour avoir assassiné Trotski) et de Martin Eden comme le roman éponyme de Jack London.

Mémoire en cage est son premier roman publié en 1982 chez Albin Michel

Qui ? Pourquoi ? Comment ? Voilà les questions que se posait le commissaire Gabelou.

Trois questions pour trois cadavres. Comment en était-on arrivé là ? La fatalité, l’injustice et la vengeance… Cynthia a beau être prisonnière de son fauteuil roulant et de son corps souffrant, elle n’est peut-être pas si débile qu’il y paraît. Sa vie est fichue alors il ne lui reste plus qu’à réussir la mort de l’ordure qui a tout gâché. Mais comment ?






Suivront d’autres romans très noirs, mettant en scène ceux que nos institutions appellent les invisibles, les laissés-pour-compte, ceux que l’on ne veut pas voir, et le quartier de Belleville son lieu de prédilection.

Les orpailleurs publié en 1993 dans la collection série noire de Gallimard

Un corps massacré est découvert dans un immeuble délabré. Non identifiable. On peut juste constater que c'est une jeune fille. Détail macabre, la main droite a été coupée. Le travail est propre, le tueur s'y connaissait. L'équipe de l'inspecteur divisionnaire Rovère est chargée de l'enquête. Une semaine plus tard, un deuxième cadavre est retrouvé. C'est aussi une femme et le rituel de l'assassinat est le même. Dès lors, l'idée d'un meurtrier poursuivant une vengeance prend forme et commence la course contre la montre pour éviter d'autres morts.

Les meurtrissures du corps et de l'âme ne disparaissent jamais complétement ; Thierry Jonquet le prouve avec ce livre qui prend ses racines dans les pans obscurs de l'Histoire. Ce roman présente tous les mécanismes d'une enquête policière vue de l'intérieur.

Les personnages de ce roman ont donné naissance à la série télévisée de 55 épisodes : boulevard du palais.


Mygale publié en 1984 chez Gallimard dans la collection série noire

Ève ? Qui est-elle ? Qui est Richard Lafargue, l'homme qui la promène à son bras dans les soirées mondaines puis l'enferme à double tour dans une chambre ? Pourquoi ce sourire subtil sur les lèvres de la jeune femme et autant de rage si mal contenue sur les traits creusés de son compagnon ? Pourquoi vivre ensemble si c'est pour se haïr avec tant de passion ? Drôle de couple...


Quel incompréhensible passé lie ces deux êtres hors du commun qui se cachent la plupart du temps derrière les murs de leur villa si tranquille ?





En 2011, ce roman a été adapté au cinéma par Pedro Almodovar sous le titre La piel que habito













Moloch publié en 1998 toujours chez Gallimard dans la collection série noire.

Une maisonnette d'apparence banale, dressée au fond d'un terrain vague. Toute une équipe de police hébétée, certains pleurant, d'autres hagards, la gorge nouée par le dégoût, la colère ou la honte, tous à songer à ce qu'ils avaient fait une demi-heure plus tôt avant qu'on ne les appelle, avant de traverser cette ruelle labourée par les pelleteuses, avant de s'approcher de ce pavillon et d'en franchir la porte. Avant. Car rien ne serait plus jamais pareil.










La bête et la belle dans lequel Thierry Jonquet s’amuse avec les figures du conte est publié en 2000 dans la collection série noire de Gallimard

A écouter Léon, qui prend la vie comme elle vient, la mort frappe à tout va dans la banlieue. Il suffit de passer la tête dans l'appartement du Coupable pour se retrouver dans l'autre monde.
Il faut dire qu'il s'y passe des choses étranges : les poubelles s'accumulent derrière les volets clos... De quoi éveiller les soupçons des habitants de la cité des Lilas Bleus et du commissaire Gabelou ! Mais les apparences sont faites pour être trompeuses... Quand vous connaîtrez Léon, vous serez mordu !





Mon vieux publié aux éditions du Seuil en 2004

Élevé dans la misère, Alain Colmont a quand même réussi à devenir prof puis scénariste pour la télé. Mais un jour sa fille, Cécile, a un accident de scooter qui La défigure. Alain, qui l'adore, se ruine pour lui redonner un visage.

À la Courneuve, un vieillard qui titube au milieu de la route à 11 heures du soir est récupéré par la BAC. Pas moyen de savoir son nom, l'inconnu a la maladie d'Alzheimer.

À Belleville, une bande de Clodos se retrouve régulièrement pour boire et se livrer à de petites combines. Cette vie-là, Daniel Tessandier RMiste, n'en veut pas. Mais comment l'éviter lorsqu'on perd son appartement et qu'il n'y a pas de travail 

C'est l'été, — l'été 2003. Étouffante, la chaleur commence à faire des ravages chez les plus démunis, vieillards, malades et rejetés de la vie. Pour Alain Colmont, la canicule risque de tourner au cauchemar.


Thierry JONQUET est également auteur de récits, notamment Jours tranquilles à Belleville

Avec Jours tranquilles à Belleville publié en 1999, Thierry Jonquet décrit Belleville, quartier qu’il habite depuis plus de quinze ans. Il nous montre des instantanés, des croquis de la vie quotidienne, des choses vues et compose un portrait iconoclaste de ce quartier mythique de Paris

Tout commence par une photo : celle, traditionnelle, prise dans la cour d'une école primaire de Belleville, en classe de CP. Une photo qui, à elle seule, raconte bien des histoires. Et pose bien des questions sur l'avenir des enfants qui y figurent .... 


Il  a aussi écrit une dizaine de romans pour les plus jeunes, dont L’homme en noire ou Lapoigne et l’Ogre du métro


Nous terminerons par son dernier roman hélas inachevé Vampires, roman atypique dans lequel nous retrouvons néanmoins les mêmes obsessions, les injustices, les blessures et bien sûr Belleville, mais dans lequel aussi nous découvrons quelque chose de plus léger, une certaine ironie et dérision.

« Chacun sait que les vampires n’existent pas. Et pourtant… Quand vous aurez lu ce farceur de Thierry Jonquet, vous ne serez plus certain de rien. Sinon d’avoir lu un roman d’une ampleur formidable »




Ce roman est adapté en série par Netflix.









Quand un immigré roumain découvre au fond d’un hangar un quidam empalé sur un pieu de bois, le visage tordu de souffrance ante mortem et les entrailles broyées, dans la meilleure tradition des victimes de Vlad Tepes alias Dracula, resurgissent du fond de l’Histoire des terreurs ancestrales.
Et si les vampires n’étaient pas morts ?
La famille Radescu, ces sans-âge au teint blafard, ces noctambules habitants de Belleville, n’ont pas la vie facile. Tuer le temps ne va pas de soi quand celui-ci renaît chaque jour, pour ainsi dire éternellement. Qui s’est jamais intéressé au sort de ces humains sur qui le temps n’a pas de prise ? De ces humains interdits de soleil et alourdis de désirs inassouvis ?
Réintégrer la communauté humaine, en finir avec l’éternité, c’est le but qu’ils se fixent pour tenter d’échapper à cette existence désespérante.







THIERRY JONQUET a également écrit les scénarios de plusieurs téléfilms : 

Résolution 819 réalisé par Giacomo Battiato, sorti en 2008.avec notamment Benoît Maginel et Hyppolyte Girardot, mais aussi plusieurs épisodes de la série Boulevard du Palais ou Alice Nevers, le juge est une femme.




mardi 4 mai 2021

TRAVERSER LA NUIT d'Hervé le Corre

 

Dans ce roman très noir Hervé Le Corre nous fait entendre, dans un Bordeaux pluvieux, froid et tout en nuances de gris, trois voix, celle de Louise, qui a perdu très jeune ses parents et qui a sombré pendant plusieurs années dans la drogue. Harcelée et violentée par un ex, elle survit grâce à son fils Sam, « son petit magicien ».

Jourdan, le flic qui enquête sur des meurtres dont les victimes sont principalement des femmes et des enfants, n’en peut plus. Hanté par cette violence et sa colère il « se sent depuis des mois se vider de toute substance comme une baudruche […] bientôt il ne restera de lui qu’une enveloppe vide, la peau sur les os, sa tête de mort penchée sur une épaule »

Et enfin Christian, l’ancien militaire, cassé par les relations avec une mère toxique, qui reporte sa violence sur les femmes.

Ces trois personnages à la dérive vont se rencontrer jusqu’au drame.


Avis d'un membre du club Rouletabille (Valérie L) :

Tout en tension et en émotion Traverser la nuit est un roman bouleversant et sombre sur la difficulté de quitter sa condition, sur le temps qui passe et qui use, sur le présent hanté par le passé.

C’est un coup de cœur pour ce roman porté par le regard malgré tout plein d’humanité et l’écriture d’Hervé le Corre.


samedi 1 mai 2021

LA VALSE DES TULIPES d'Ibon MARTIN

 

La valse des tulipes est un très bon polar, premier texte traduit en français d’Ibon Martin, qui se passe au Pays Basque espagnol dans l’estuaire d’Urdaibai où plusieurs meurtres spectaculaires sont perpétrés contre des femmes, avec comme signature des tulipes rouges.


Avis d'un membre du club Rouletabille (Valérie L) : 

Polar addictif, porté par les paysages de cette région, l’atmosphère qui s’en dégage et des personnages bien incarnés, particulièrement l’équipe chargée de l’enquête dirigée par Ann Cestero, auquel le lecteur s’attache d’emblée.

L'auteur nous parle de la situation des femmes, de la violence des hommes et nous plonge dans le passé, s'inspirant de faits réels impliquant l’église catholique soutenue par le pouvoir en place.

Passionnant !

mardi 23 mars 2021

Un dîner chez Min de Qiu Xiaolong

 

L'inspecteur Chen n'est plus à la tête des affaires spéciales de la police de Shanghai. Directeur du nouveau Bureau de la réforme judiciaire, légèrement désoeuvré, il caresse l'idée d'écrire une nouvelle autour du célèbre juge Ti. Vieux Chasseur le contacte pour lui demander de l'aider dans une enquête sur Min, une courtisane, accusée du meurtre de sa cuisinière.
Elle recevait à sa table des « gros-sous » et vient d'être appréhendée par la Sécurité intérieure.
L'affaire rappelle étrangement à Chen une enquête du juge Ti sous la dynastie Tang, et l'arrestation d'une poétesse. Aidé par sa piquante secrétaire Jin, Chen réunit des indices, quand un des convives de Min, l'antiquaire Huang, est assassiné. Puis c'est au tour d'une jeune policière de la brigade criminelle, empoisonnée dans l'hôtel où était détenue Min...
Chen suit une piste en toute discrétion, quand il vole au secours de sa secrétaire sur le point d'être agressée par Zheng, un autre convive de la cuisine privée. Arrêté, Zheng avoue avoir commis les trois meurtres.
Cependant, pour Chen, un doute subsiste...

 

Avis d'un membre du Club Rouletabille (Valérie L.) :

 

L’inspecteur Chen, écarté du parti et mis en congés forcés, officiellement pour convalescence, décide de se consacrer à la lecture des enquêtes du Juge Ti de Van Gulik et à l’écriture. Il est alors contacté par son vieil ami détective surnommé « Vieux chasseur » au sujet d’un meurtre impliquant la belle courtisane et excellente cuisinière Min qui ouvre sa table très privée à des hôtes de marque. Cette affaire l’intrigue d’autant qu’elle fait écho au roman qu’il est en train de lire qui se passe pendant la dynastie Tang. Chen ne pouvant résister va discrètement enquêter avec l’aide de sa secrétaire, Jin.

L’enquête est presque un prétexte dans ce roman où l’auteur nous dresse, non sans un certain humour, un portrait critique de la société chinoise, du régime et du parti unique, de la corruption, mais aussi nous parle de gastronomie et de poésie.

Je n’ai hélas pas été convaincue par ce roman dans lequel je ne suis pas parvenue à entrer tout à fait, peut être en écho à la situation de l’inspecteur en pleine crise. 🙁

Il serait intéressant de pouvoir comparer avec une des précédentes et nombreuses enquêtes de l’inspecteur Chen, que je n’ai pas lues.

Est-ce que ce roman annonce la fin des enquêtes de l’inspecteur Chen et un passage de relais à sa jeune secrétaire ?

Je mettrais la note de 9/20

samedi 20 mars 2021

Trois étoiles et un meurtre de Peter May

 

Lorsque le grand chef Marc Fraysse convoque la presse dans son restaurant trois étoiles proche de Thiers pour une importante communication, les rumeurs vont bon train. Est-il sur le point de perdre une étoile au guide Michelin, comme les critiques gastronomiques aux plumes les plus malveillantes l’affirment ? Avant qu’il ait pu s’exprimer, le chef est retrouvé mort, assassiné d’une balle dans la tête, sur le trajet qu’il avait coutume d’emprunter pour sa course à pied quotidienne.
Sept ans plus tard, alors que la lumière n’a jamais été faite sur le meurtre d’un homme qui paraissait unanimement apprécié, Enzo MacLeod revient sur les lieux du crime, dans cette auberge devenue mythique où continue d’œuvrer le second du génie des fourneaux. Alors que l’automne se referme sur cette région volcanique, le célèbre enquêteur écossais découvre l’entourage complexe qui gravitait autour du chef : une épouse jalouse, une maîtresse abandonnée, un frère envahissant, un critique acerbe. Il ne va pas tarder à plonger dans l’arrière du décor de la grande gastronomie à la française.

 

Avis d'un membre du club Rouletabille (Mélanie) : 

Lecture très agréable.
La découverte du personnage d'Enzo Mcleod et l'envie de lire les tome précédents pour retrouver les différents personnages.
Une intrigue bien menée où on s'amuse à enquêter en parallèle et aux côtés de Mr McLeod!!!
Peter May est une plume à découvrir !
 
16/20